Il existe un autre document de la même main,
conservé aux Archives de l'État
à Namur (Souverain Baillage n°100, pp. 201 à 229) où les enfants de Michel,
font donation à leur frère Lambert d'un fief sis à Ellinsart afin que ce
dernier, expatrié en disgrâce et placé sous la protection de l'archevêque
de Trêves au Pays de Liège, puisse vivre dignement et suivant son rang.
En fait, et contrairement à ce qu'écrit l'Abbé
Meunier, le notaire Lerache ou
Levache de Dinant fut chargé en 1732, par le bourgmestre de sa commune,
Jean Théodorique de La Hamaide, de retranscrire en « copies conformes » des
actes supposés issus d'archives familiales en sa possession, tendant à
prouver
le rattachement de son ancêtre, Lambert dit Lambillon, à la famille noble du
Hainaut. Les « copies conformes » furent enregistrées, ce qui ne légalise
pas
leur contenu et les « originaux » ne sont malheureusement, jamais réapparus.
Cette même année 1732 : « Nous, soussignés Roy
d'armes et généalogistes
de sa Maté Catholique aux respectifs titres de Luxembourg et
Namur, [...]
trouvons que la branche du nom de La Hamaide habitant au pays de Namur
et de Liège descend en ligne masculine de lad maison de la Hamaide
laquelle branche s'est établie auxd pays environ l'an 1501 par le
moien de Lambert ou Lambion, etc. »
Toujours aux Archives de Namur, dans le Fonds de
Gaiffier de Levignen
(farde 84), on constate que, quelques années auparavant, le même mayeur
fût assigné en justice par le comte d'Egmont de l'époque, pour port illicite
des armes de La Hamaide. Le plaignant retira sa plainte, à la présentation
d'un document jugé par lui, probant, détaillant son ascendance agnatique.
On le voit, ce « mystérieux » Lambert ou Lambillon (repris parfois sous la
graphie
Lambinon) que l'on retrouve à Haybes près de Givet (08) déjà vers 1446,
détient la clé
qui pourrait ouvrir la porte des homonymes hennuyers aux actuels « Hamaide,
Hameide, Hamende, Hamet, de la Hamette, de l'Hamaide, de la Hammaide... »
qui habitent encore en Belgique ou sont devenus citoyens français ou
luxembourgeois.
Mais sans doute devrons-nous encore longtemps nous contenter des certitudes
intuitives du comte du Chastel, réconfortés par le peu de concessions que ce
dernier était enclin à nous accorder.
Précisons que mon ambition ici, n'est pas de
légitimer ou non les porteurs actuels du nom,
mais de vous en faire mieux connaître quelques-uns et notamment certains
descendants
de Lambillon, que les hasards de la vie menèrent au Việt Nam.
L'ouverture de ce site, au 1er
janvier 2007, coïncide avec l'entrée dans le domaine
publique des écrits du comte.
[
Il était né Paul Armand de Baisieux à
Kain-lez-Tournai le 26 mai 1847
et décédé à Neuvireuil (62) le 28 juin 1936].
Mais l'ANB étant une oeuvre
collective, il fut libéralisé bien avant cette date.
Je vous propose de
le découvrir avec d'autres ouvrages dans
z
ma
bibliothèque.

b
Les seigneurs de La
Hamaide
a
Il est généralement
admis que Allard Hasbanion et son épouse, N. Reiswende sont à l'origine
de la lignée des seigneurs, porteurs du nom qui se sont succédés à La
Hamaide. C'est également
à lui qu'on attribue les premières fortifications du village montées au
milieu du XIIe siècle.
Le patronyme de La
Hamaide apparaît avec certitude en 1158 quand Arnould Ier signe
en qualité de témoin la cession d'une pairie sur Hellebecq par Gilles de
Blicquy en faveur
de l'abbaye d'Ename. En 1129 Arnould est cité avec son frère Julien.
Le chevalier
Gérard Ier, qualifié de « miles illustris et
probus » est cité en 1164 avec son père
Arnould Ier. Dès 1180 il est le seul représentant de la famille,
fait partie de l'entourage du
Comte de Hainaut Baudouin V et effectue en 1184, la garde du château de Mons
en qualité
de pair. (ANB 1911 - p. 85)
Son fils, le chevalier Odon Ier de La Hamaide, disparaît à la
quatrième croisade (1202-1204).
Lui succède Arnould, deuxième du nom. Il est cité en 1213 dans un cartulaire
de l'abbaye
de Cambron.
Thierry Ier devrait être le premier
seigneur « officiel » de
La Hamaide (1235).
Il hérite de son frère, Arnould II, mort sans enfant en 1225. Il accroît les
possessions
familiales par son alliance avec Léodegardis (Liégarde) dame héritière de la
pairie de Rebaix,
et devient « Pair » du
comté de Hainaut. Il est avoué à la Haute Cour de Saint Sauveur en 1216
et est cité en 1218 dans la Charte de Damiette à la cinquième croisade. Il
eut deux fils, dont ;
Arnould III,
chevalier, seigneur de Rebaix, La Hamaide et Arcq-Ainières, pair du Hainaut,
avoué à la Haute Cour de Saint Sauveur. Trois enfants sont nés de son union
avec Aélis
(Alix) d'Avesnes. Son hoir féodal fut :
Jean Ier,
avoué à la Haute Cour de Saint Sauveur, époux de Marguerite de
Hénin-Liétard.
Vînt ensuite leur fils
Jean II, avoué à la Haute Cour de Saint Sauveur qui eut six enfants de
son épouse Jeanne de Ligne, dite « La jeune
» de lignée capétienne.

Relevé partiel
de pierres tombales et vitraux en l'église primitive de La Hamaide datant du
XIe détruite en 1787. Biblio. Royale Belgique réf. 6490 (II 4555)
Leur fils Jean
III épousa Marie, héritière de Waziers-Wavrin, et partiellement de
Hénin-Liétard.
Sgr. de Willems Lez Cysoing, il est mort le 1er juin 1396. Ils eurent six
enfants, dont l'aîné ;
Jean IV, figurait parmi les bannerets du Hainaut. En 1411, il fit
reconstruire le château de
Bailleul en terre de Condé. Les Anglais lui ôteront la vie à la journée
d'Azincourt le 25 oct. 1415.
Sans descendance légitime, c'est son frère Arnould IV qui lui succèdera.
Intervient ici, Thierry, fils naturel de La Hamaide, qui sera le point de
départ de notre second
chapitre, bien qu'on ne sache avec certitude s'il fût le fruit de Jean III
ou de Jean IV.
Le chevalier Arnould IV eût cinq enfants de son
épouse Isabelle d’Enghien, dame de Préaux.
Pair du Hainaut pour Rebaix, seigneur de Renaix, Condet (en partie), Fresnes
sur Escaut,
Mainvault, Wannebecq, Hion, Neuville en Bourjonval, il trépassa en son
château de La
Hamaide le 13 novembre 1426.
Arnould V, époux d'Isabelle de Bousies succéda à son père. Sa soeur, Marie
de La Hamaide
épousa Gérard de Berlaimont dont la fille, Marie de Berlaimont héritera la
seigneurie après
le décès de ses deux cousins germains, Arnould et Michel.
Après Arnould V, vinrent donc successivement ses fils, tous deux écuyers :
Arnould VI,
décédé à la fin de l'année 1484 et Michel Ier qui le suivra dans
la mort quelques mois plus tard,
ne laissant aucun héritier porteur du nom.

Détail Cathédrale des Saints
Michel et Gudule - Bruxelles
