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LES GRANDS DE LA HAMAIDE
1129. JULIEN et ARNOULD, frères,
sont nommés en même temps que Hugues de Lens (en Hainaut) et Gauthier, son
fils ; que Isaac et Gossuin ; que Hubert et Fastred, son frère ; que
Héribrand et Gautier, son fils (1).
On remarquera que les personnages
cités n'ont pas tous la désignation patronymique, mais nous pouvons la leur
donner sans nous tromper. Ainsi Julien et Arnould sont des DE
LA HAMAIDE,
Isaac et Gossuin sont des DE MONS ; Hubert et Fastred
sont des D'AUBECHIES ; Héribrand et Gaultier sont des DE
LIGNE.
1154. En cette année, Mathilde
de Blaton
affranchit quelques serfs pour les asservir à Saint-Ghislain. Parmi les
chevaliers qui scellèrent la charte sont nommés :
Nicolas d'Avesnes, Raze de
Wadripont, Nicolas de Blaton, Nicolas de Mainvaut, Estienne de Bernes, Roger
du Ploych, Gossuin Homereit, Guillaume de Rume, Mathieu de Popioel, Thirry
de Leuze, Arnould d'Anveng, Wessemar d'Anveng, frère dudit Arnould, Nicolas
d'Herbau,
Arnould, Julien
et Gérard DE LA HAMAIDE (2).
Comme contemporain de ces trois
de Le Hamaide
mais sans liaison de parenté proche avec eux, nous trouvons Godelcasc
DE HAMAIDE (3), dont le prénom est une corruption de Gottschalck. Ce
personnage vivait en 1162. Nous commençons la filiation directe comme suit :
I. N... DE LE HAMAIDE,
seigneur du dit lieu, laissa deux fils légitimes :
1° ARNOULD DE LE HAMAIDE, qui
suivra, II.
2° JULIEN, mentionné comme on l'a
vu plus haut, en 1129 et 1154, et encore en 1160 (4). Nous ne lui
connaissons pas de descendance, s'il n'est pas auteur de la famille des
Le Hamaide dits d’Anvaing.
II. ARNOULD Ier DE LE HAMAIDE,
chevalier, seigneur de Le Hamaide, etc., cité avec son frère Julien en 1129,
et avec celui-ci et Gérard de Le Hamaide en 1154, est encore
nommé avec eux en 1160 (5). En 1158, Arnould fut témoin à l'acte par lequel
Gilles
de Blicqui cède à l'abbaye d'Eenham, une prairie située entre
Hellebecq et Silly, au profit des habitants d'Hellebecq et des serfs, colons
de ladite abbaye en cet endroit (6). Dans l'année 1161, Arnould scella
l'acte par lequel l'abbé et les moines de l'abbaye du Saint-Sépulcre de
Cambrai cédèrent au comte de Hainaut, Bauduin IV, le moulin de Villereau
(7). En 1164, Arnould est cité avec son fils, Gérard (8). Nous connaissons à
Arnould Ier, un fils légitime ;
c'est GÉRARD DE LE HAMAIDE, qui
suit, III.
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(1)
Dom P.Baudry, Annales de l’abbaye de St. Ghislain, dans les Monuments
pour servir à l’histoire des provinces de Namur, Hainaut et Luxembourg, etc.
Publiés par le Baron de Reiffenberg, tome V de la collection, dit aussi tome
VIII.
(2) Annales de l’abbaye de Saint-Ghislain, p. 373.
(3) Bulletins de la Société historique et littéraire de Tournai, t.
XIV, p. 132, note 2.
(4) Annales de l’abbaye de Saint-Ghislain, p. 375.
(5) Idem, ibidem.
(6) Piot, Cartulaire d'Eenham, p. 45.
(7) Duvivier. Recherches sur le Hainaut ancien, p. 591, 593.
(8) Annales de l'abbaye de Saint-Ghislain, p. 378.
III. GÉRARD DE LE
HAMAIDE, chevalier, seigneur dudit lieu, etc., est mentionné dans des
chartes des années 1154, 1160 et 1164, comme on l'a vu plus haut, avec son
père et son oncle d'abord, puis avec son père seul, mais dès 1180, il est
l'unique représentant de la famille (1). En 1182, il figure comme pair du
Château de Mons lorsque Jacques, seigneur d'Avesnes, de Leuze et de Condet,
vint prêter au comte Bauduin V de Hainaut, le serment de fidélité qu'il
reniait quarante jours plus tard (2). En 1185, Gérard vendit à l'abbaye
d'Eenham, six bonniers de terres et de bois et prit les armes avec les
autres seigneurs du pays de Hainaut pour aider le comte Bauduin V à défendre
ses états envahis par le duc de Brabant (3). L'année suivante, il fut l'un
des juges du duel judiciaire qui devait avoir lieu entre Gérard de
Saint-Aubert et Robert de Beaurains, et où le dernier n'osa paraître (4).
Lorsque le jeune Bauduin, héritier de Hainaut, alla à Worms en 1191 pour y
rencontrer l'empereur Henri VI, Gérard de Le Hamaide fut l'un des
cavaliers qui l'accompagnèrent (5). Il fut aussi du nombre des seigneurs du
Hainaut qui firent le serment d'exécuter le traité conclu en 1194, entre
leur comte-souverain et le duc de Brabant (6). Dans une charte datée du 7
avril 1195, par laquelle le comte Bauduin termine les différends qui
s'étaient élevés entre l'abbaye d'Eenham et le seigneur de la Hamaide,
celui-ci est qualifié miles illustris et probus (7).
Gérard eut pour successeur son fils ODON, qui suit, IV.
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(1)
Piot, Cartulaire d'Eenham, p. 372.
(2) Gilbert de Mons, Chronique du Hainaut, dans le tome XIV des
Mémoires de la société historique et littéraire de Tournai, ou tome I de la
dite Chronique, p. 278.
(3) Kervyn deLettenhove. Chronique de Froissart, tome XXI ; Table, p.
503.
(4) Gilbert de Mons, Chronique du Hainaut, tome I, p.
360-361.
(5) idem, ibidem, tome II (ou tome XV) des Mémoires de la société historique
et littéraire de Tournai, p 40-41.
(6) Baron de Reiffenberg. Monuments pour servir à l’histoire des
provinces de Namur, Hainaut et Luxembourg, etc., t. I, p. 319-320 —
Baron Kervyn de Lettenhove. Chronique de Froissart, tome XXI ; Table,
p. 503.
(7) Ernest Matthieu. La Pairie de Silly et ses fiefs. Louvain,
Lefever, 1891, in-80, p. 35.
IV. ODON DE LE HAMAIDE,
chevalier, seigneur dudit lieu, figura en 1201 parmi les nobles de Hainaut
et des Flandres assemblés à Valenciennes par le comte Bauduin, dans le but
de prendre la croix pour aller secourir les Chrétiens de la Terre Sainte
(1). Cette croisade, qui fut la cinquième, dévia, car elle aboutit à la
prise de Constantinople par les Latins et à la création d'un empire éphémère
dont le comte des Flandres et du Hainaut fut le premier chef. Odon de la
Hamaide
prit part, dit-on, à cette expédition guerrière (2). A partir de
1201, il n'est plus mentionné dans les chartes. Il laissa au moins trois
enfants légitimes, deux fils et une fille, savoir :
1° ARNOULD II,
sire de le Hamaide, etc., chevalier, cité dans des chartes de 1213,
1216 et 1220 (3). Il mourut sans postérité légitime avant 1235, car dès
cette année, son frère Thiéri est qualifié seigneur de la Hamaide.
2° THIÉRI DE
LE HAMAIDE, qui suivra, V.
3° N..., femme
de Jacques II DE SOMBREFFE, chevalier, sire du dit lieu (4). Cette
alliance est prouvée par la charte suivante :
Carta Domini Th. de Hamaidia de III boneriis
nemoris.
(15 mai 1259.)
« Jou Thieris, chevaliers, sires
de Le Hamaide, fach savoir à tous chiaus ki ces letres veront et oront, ke
cum il fust ensi ke je deusse al abbe et au couvent de Cambron trois
bouniers de bos ke il aquisent à me sereur de Sombreffe, a prendre el bos
de Weddengien,
jou ces trois bouniers de bos leur ai aviseit tout sains mesureir en men bos
devant dit de Weddengien, par le conseil de mes homes, Williaume, men maïeur
de Le Hamaide, Symon le Drut, Jehan le Careton, et Wautier le Bourgois,
mesureur de teres, en teil maniere, ke quant li bos sera tailliés, on le
doit mesureir, se trop en i a devers le devise ki faite i est, oster
on doit on outel pan par devers le bos monsengneur Williaume de Wanesbeke,
et se petit en ia, parfaire le doit on par devers le bos devant dit
monsengreur Williaume. A cete devise faire fu de par labe et le couvent de
Cambron, frère Wistasses leur convers, maistres de Cambroncel, et de par mi
i fu Henris de Fordes mes cousins. Et pour chou que ceste chose soit ferme
et estaule, jou Thieris, sires de Le Hamaide, et Ernous, mes fils, avons
fait nos saiaus pendre à ces lettres, et li abes et li convens de Cambron le
leur. Ce fut fait lan del Incarnation Jhesu Crist mil CC et LIX, le dimence
devant l'Ascension » (6).
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(1)
Mirœus et Foppens. Opéra diplomatica, t. III, p. 73, col I.
(2) Baron Kervyn de Lettenhove. Chronique de Froissart, tome XXI, p.
503.
(3) J. J de Smet. Cartulaire de l’abbaye de Cambron. Bruxelles,
Hayez, 1869, in-40. t. II, p. 644, 689 et 816. Bulletins de la société
historique et littéraire de Tournai, t. II, p. 197.
(4) Voir notice 6 de la page précédente.
(5) Butkens. Les Trophées du duché de Brabant, t. II, p. 204.
(6) J. J. de Smet. Cartulaire de l’abbaye de Cambron. T. II
(cartulaire de Woudeke et Rebais), p. 703. — Dans cette charte, il s’agit de
trois bonniers de bois, sis à Œdeghien ou Œudeghien, vendus par la dame de
Sombreffe, sœur du sire de la Hamaide, à l’abbaye de Cambron. — De Fordes ne
serait-il point pour de Cordes ?
V. THIÉRI DE LE HAMAIDE, chevalier, avoué de Saint-Sauveur, devint
seigneur de la Hamaide après le décès de son frère Arnould II, arrivé avant
juillet 1235 (1). On trouve son nom mentionné pour la première fois en 1202
(2). En 1214, il combattit dans les rangs des Flamands, contre les Français
à Bouvines et y fut fait prisonnier (3). En 1210 et 1220, il comparait à des
actes avec son frère (4). En 1225, on le trouve seul (5) et en 1228, il est
nommé Théri DE LE HAMEDE, li chevalier (6). Puis c'est dans
des actes de 1235 et 36, qu'on le voit qualifié sire de Le Hamaide
(7). Ensuite, il figure dans les chartes de 1243, 1246 et 1259
(8), seul encore, et dans les chartes de 1251 avec son fils Gérard (9),
alors seigneur de Rebaix, et dans des chartes de 1256 et 1259 avec Arnould,
son fils aîné (10) et enfin en 1257, avec ses fils Arnould et Gérard (1l).
Le dernier acte où il est mentionné, à notre connaissance, date de 1264
(12), et il était mort avant janvier 1267 (1268 n. st.) (13).
Le sceau de Thiéri de la Hamaide était équestre. On y voyait un cavalier
courant de gauche à droite, l'épée haute et portant au bras gauche un
bouclier ou écu armorié de trois hamaides. La légende est complètement
détruite. Au contre-sceau se trouve un écu chargé de deux bandes, avec cette
autre légende : CLAVIS SIGILLI (l4).
En 1242, on retrouve un GUERRY de Hamede, chevalier, qualifié
avoué de Flamengrie, qui déclare reconnaître n'avoir aucun droit sur les
hommes de La Capelle et avoir mis en liberté Jehan d'Estrées qu'il avait
emprisonné (15). Comme il y a une certaine ressemblance entre les prénoms
Thierri et Guerry, nous rapportons cela ici pour mémoire.
1254. Messire Thierri, sire de Le Hamaide, fut élu pour compartiteur de
l'assiette de 120 livrées de terre au plus près de Marke, que Jehan, dit
sire d'Audenarde, devait céder à Mgr Louis d'Audenarde, son cousin, au mois
de septembre (16).
1256. Messire Thierry de le Hamaide, chevalier, assiste avec son fils
Arnoul, aussi chevalier, et d'autres, comme justice, à l'adhéritement
d'un fief situé en la paroisse lie Cayn (17), donné par Messire Jehan, dit
sire d'Audenarde, comme suzerain, à Mgr Ernoul, seigneur de Mortagne,
châtelain de Tournai, qui en avait acquis l'hommage de Messire Gérard de
Waudripont, au mois de février 1250 ou 1257 n. st. (18).
En 1257, Thierry, sire de Le Hamaide, Arnoul et Gérard, ses fils,
tous trois chevaliers, furent présents à la donation de certain
héritage, situé au bois de Tongre en Hainaut, faite à l'abbaye de Cambron
par Jehan, sire d'Audenarde, aussi chevalier, en mars 1257 ou 1258 n. st.
(19). Une charte de mars 1258 (1259 n. st.), nous apprend que partie des
fonds de terre situés à Ogy et donnés par Gossuin dit Bouriaux de
Ogy pour la dotation de la chapelle par lui fondée du dit Ogy, était
tenue en fief de Messire Thierri de Le Hamaide (20).
Au mois de sept. 1259, Thierri de Le Hamaide fut présent à un accord, passé
sous arbitre, entre Jehan, dit sire d'Audenarde, et Wattier de Corroit,
touchant la haute justice du fief d'Athicouve, tenu du fief de Torincourt
(21).
Avant 1217, Thiéri de Le Hamaide avait épousé Dame LIÉGAR ou LIÉGARDE, sans
doute LÉODEGARDIS, qui pourrait avoir été l'héritière de Rebaix, fief
important, l'une des douze pairies du Hainaut, dont leur second fils, Gérard
de Le Hamaide, jouissait déjà en 1251 (22). En mai 1235, l'épouse de Thiéri
était la fille de Hugues de Gages, chevalier (23).
De cette alliance, vinrent, au moins, deux fils, savoir :
1° ARNOULD DE LE HAMAIDE, qui suivra, VI.
2° GÉRARD DE LE HAMAIDE, chevalier, seigneur de Rebaix, Arcq,
Ainières, etc., pair de Hainaut à titre de sa terre de Rebaix.
On le rencontre dans les actes avec son père en 1251 (24) et avec
son père et son frère en 1257 (25). Dans cette dernière charte,
Arnould est nommé après son père et avant Gérard.
En 1269, Gérard consentit à ce que les terres, prairies, etc., que Daniël,
prêtre, curé d'Arch et d'Ainières et Watier Frotard, son frère, avaient
données à l'abbaye de Saint-Nicolas du Bois (26), soient esclissées de son
fief à la charge d'un cens annuel. A quoi consentit aussi Arnoul, sire de
Le Hamaide, son frère, au mois de juin 1269 (27).
Gérard eut pour hoir féodal, son neveu Thiéri de Le Hamaide,
fils cadet de son frère, qu'on verra plus loin.
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(1)
Thierry de La Hamaide renonce aux droits qu'il prétendait percevoir lors de
la vente des terres de Saint-Amand à Anvaing. Il abandonne à l'abbaye de
Saint-Amand le moulin à vent qu'il avait fait construire à Saint-Sauveur et
reconnaît qu'il ne peut établir de moulin ni à Saint-Sauveur, ni à Anvaing.
— Bibliothèque Nationale à Paris. Collection Moreau, vol. 149, p, 165,
d'après le livre blanc, N° 212, t. II du Cartulaire de Saint-Amand
des Archives du Nord, à Lille.
(2) Annales de l'abbaye de Saint-Ghislain. p, 417.
(3) Duchesnes. Historiae Francorum scriplorum, t. V, p. 269.
(4) Cartulaire de Cambron, t. II, p. 644, 649 et 773.
(5) Annales de l'abbaye de Saint-Ghislain, p. 419.
(6) Cartulaire de Cambron, t. II, p. 907 ; t. I, p. 322. — Archives
de Tournai : Actes d'intérêt privé, Layette de 1328. Acte de décembre 1228.
(7) Cartulaire de Cambron, t. II, p. 918.
(8) Annales de l'abbaye de Saint-Ghislain, p. 445-447- — Teulet.
Layettes du Trésor des Chartes, t. II, p. 592, 597.
(9) Annales dé l'abbaye de Saint-Ghislain, p. 446.
(10) Martène et Durand. Thésaurus anecdotorum, t. I. p. 1o83. —
Cartulaire de Cambron, t. II, p. 703.
(11) Cartulaire de Cambron, t, II, p, 375 et 376.
(12) Annales de l'abbaye de Saint-Ghislain, p. 448.
(13) Archives des Hospices de Tournai. Cartulaire du Béguinage, 19
janvier 1267.
(14) Archives Nationales de France. Layettes du Trésor des Chartes
publiées par Alexandre Teulet, tome XI, p. 598 a. r.
(15) Cartulaire 2me de l'abbaye de Saint-Denis en France.
(16) Archives départementales du Nord à Lille. Chambre des Comptes.
Cartulaire rouge, folio 29.
(17) Cayn (aujourd'hui Kain, Hainaut) était tenu on fief de l'abbaye
d'Inden, lez Aix-la-Chapelle, par le sire d'Audenarde. Le fief cédé était dû
par Colart de le Vingne, maire héréditaire de Kain. Cte de Saint-Genois.
Monuments anciens, t. I, p. 586.
(18) Chambre des comptes de Lille, Cartulaire rouge, fol. 34, verso.
(19) Chambre des comptes de Lille, Cartulaire rouge, fol. 29, verso ;
Cartulaire de Cambron, t. I, p. 376.
(20) Chambre des comptes de Lille, Cartulaire rouge, fol. 30.
(21) Idem, ibidem, folio 123. — Athicouve est un village près d’Audenarde
nommé aujourd’hui Etichove ; Torincourt doit être Thoricourt en Hainaut.
(22) Archives de Tournai, Greffe scabinal de la Cité, Chirographes,
Layette de 1217. — Annales de l'abbaye de Saint-Ghislain, p. 446.
(23) Léo Verriest. Le servage dans le comté de Hainaut. Bruxelles,
Hayez, 1910, in-80, p. 472.
(24) Annales de l’abbaye de Saint-Ghislain, p. 446.
(25) Cartulaire de l’abbaye de Cambron, tome I, p. 375, 376.
(26) Saint-Nicolas-au-bois, Aisne, Arrondissement de Laon, canton de la
Fère.
(27) Bibliothèque Nationale de France. Cabinet des titres. Trésor
généalogique de Dom Villevieille, vol. 45, article de La Hamaide.
Cartulaire de l’abbaye de Cambron, t. I, p. 376 ; t. II, p. 704.
VI. ARNOULD III DE LE HAMAIDE, chevalier, seigneur de la Hamaide avant
janvier 1267 ou 1268 n. st. (1), est nommé avec son père dans une charte de
1256 (2) et avec son père et son frère, dans une autre charte datée de 1257
(3). Il fut avoué de Saint-Sauveur ainsi que l'avait été son père (4).
Du vivant de celui-ci, il se servait d'un scel portant un écu d... à
trois hamaides d..., brisé d'un lambel de cinq pendants d…
Nous avons vu ce scel appendu à une charte du 21 août 1268. C'est un acte
d'intervention que fait Arnould comme arbitre pour rétablir la paix entre
les Tournaisiens et Rasse de Florainville dit l'Ardenois, chanoine de Leuze
; Mgr Jehan, Oston et Wautier, tous trois frères de ce chanoine ; Mgr
Gilles, sire de Waudripont, et Madame Mehaut, sa femme, fille du sire de
Trazegnies, et sœur consanguine des quatre frères de Trazegnies dits de
Florainville. Les Tournaisiens étant en armes, avaient détruit la maison que
le sire de Waudripont et sa femme avaient à Dameries sous Grandmetz, et
Monseigneur Rogier de Mortaigne, sire d'Espierres, avait au nom du Magistrat
de Tournai, arrêté le chanoine et l'avait expulsé de force hors de la ville
et de son territoire (5).
Arnould ne paraît pas avoir changé de sceau après le décès de son père, car
en 1280 et 1289, il se servait encore de celui dont il usait en 1268 (6).
Arnould III, qui vivait encore en 1290, avait pris pour femme, Aélis
D'AVESNES, fille de Fastred II d'Avesnes, chevalier, seigneur de
Willems-lez-Lille, avoué de Flamengrie, et de N... de Rume (7),
fille de Jehan I, seigneur de Rume-lez-Tournai, et de Béatrix d'Antoing.
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(1)
Archives des hospices de Tournai : Cartulaire des biens du béguinage.
(2)
Martene et Durand. Thesaurus anecdotorum, t. I, p. 1083.
(3) Cartulaire de l’abbaye de Cambron, t. I, p. 375, 376.
(4) Archives des hospices de Tournai : Cartulaire des biens du béguinage.
(5) Archives de la ville de Tournai. Chartrier, Chartes de 1268.
(6) J. Th. de Raadt, Les sceaux armoriés des Pays.Bas, etc. tome II,
p. 24. – G. Demay. Inventaire des sceaux de la Flandre, t. I, no
1006.
(7) Chronicon Balduini Avennensis, etc., Anvers, Henri Thieullier,
1693, petit-in-folio, p. 42. – La Flamengrie-Lez-Bavai.
De cette union, vinrent deux fils et une fille, qui suivent, ce sont :
1° JEHAN DE LE HAMAIDE, qui suivra, VII.
2° THIÉRI DE LE HAMAIDE, chevalier avant 1294 (1), sire de Rebaix et
pair de Hainaut avant 1299 (2), comme hoir féodal de son oncle Gérard. Il
vivait encore en 1307, bien que d'après son épitaphe qui se voyait autrefois
dans l'église des Cordeliers de Valenciennes, il serait décédé en 1303. Pour
nous, Thiéri est décédé en 1308 ou 1313, car son existence en 1307 ne
peut-être mise en doute, la date étant écrite en toutes lettres dans
une charte de l'abbaye de Cambron (3). Voici son épitaphe qui comprend aussi
celle de sa femme :
« Desoubs cest arcure gist en habit de St François, notable chevalier
messire Thierry de la Hamaide, lequel trespassa l'an MCCC et III, le XVIJème
jour d'octobre. »
« Auprès de luy gist en habit de St François, son espouse, Dame Marie
d'Audregnies, laquelle trespassa l'an MCCCV, le sixième jour de mai. Priez
Dieu pour leurs âmes » (4).
Il est évident que la véritable inscription devait porter en lettres
gothiques ou onciales, Thierri de Le Hamaide, et dans une vieille
généalogie, on lit que le nom de l'épouse était Marie d'Audignies
et que ses armoiries étaient d..., au croissant d... Mais
comme Thiéri ne laissa pas de postérité légitime, son alliance est de peu
d'importance.
3° Une fille (5).
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(1)
Bibliothèque Nationale de France. Cabinet des titres. Trésor
généalogique de Villevieille, vol. 45. La Hamaide, 1294. — Chambre des
comptes, à Lille, aux archives départementales du Nord, 1er
cartulaire de Hainaut, charte 108.
(2) Archives de l’abbaye de Saint-Nicolas-au-bois. Layette 5, no 29.
(3) Cartulaire de l’abbaye de Cambron, tome II, p. 728.
(4) T-A. Bernier. Histoire des seigneurs d’Angre, de Roisin et
d’Andregnies. Dour, 1863, petit in 80, p. 50. — Il faut remarquer que si
Thierri fût mort en 1303, sa femme aurait eu dans son épigraphe, ces mots :
qui fut son épouse, ou sa veuve.
(5) Chronicon Balduini Avennensis, etc. p. 42.
VII. JEHAN I DE LE HAMAIDE, chevalier avant 1278 (1), figure dans une
charte tournaisienne de la dite année en compagnie de Thiéri dou Ruès,
c'est-à-dire du Rœulx, aussi chevalier. En 1284, il est encore nommé dans un
acte passé à Tournai (2). Il comparait avec le titre de seigneur de Willen,
c'est-à-dire de Willems, lez-Cysoing, dans une charte datée de 1294 (3),
mais s'il devint seigneur de Le Hamaide avant 1298, puis seigneur de Rebaix
et pair de Hainaut, après la mort de son frère Thiéri, il ne fut jamais
seigneur de Renaix comme l'ont écrit à maintes reprises des généalogistes
sans connaissances historiques (4).
A cette époque, la suzeraineté sur le bourg de Renaix et sa banlieue était
un objet de litige entre le comte Gui de Flandre et son neveu, le comte
Jehan II de Hainaut. Les rois de France et d'Angleterre devinrent arbitres
de ce différend et déléguèrent pour les représenter, l'un, Simon de Meleun,
maréchal de France, l’autre, Joffrois de Genville, chevalier. Ceux-ci, à
leur tour, chargèrent Jehan, seigneur de Le Hamedde, et Arnould,
dit Briffaut, chevaliers, de lever en leurs noms et de garder comme
séquestres, les profits ou impôts produits par la fête de Renaix qui devait
se tenir à la Nativité de Saint Jean-Baptiste, jusqu'à, ce que le différend
fut terminé (5).
Renaix, dont la vassalité fut disputée par les comtes de Flandre et de
Hainaut, avait eu pour seigneur Gillekin de Rosnais, qui, en 1294,
était mineur sous la tutelle des sires de Trazegnies, de Waudripont et
de Cordes, ses parents paternels, et de Jan Minne, Jan Li Grutres, Le Jeune,
et Hues de Le Voulestrate, bourgeois de Gand, ses parents maternels. Or, la
succession des père et mère de ce gentilhomme était tellement obérée que la
vente seule de leurs terres pouvait en solder les dettes. C’est pourquoi les
tuteurs, par une charte datée de la nuit de la Chandeleur 1293 (1294 n.
st.), vendirent la seigneurie et justice de Renaix avec leurs dépendances à
Jakemes de Donze, clerc et receveur du comte de Flandre, qui avait pour
command le dit comte stipulant pour son troisième fils. C'est ainsi
qu'au mois de mai 1294, Gui, dit de Richebourg, fils de Gui de Dampierre,
fut adhérité des terres de Renaix, Ellezelles, Wodecq et dépendances, à la
grande irritation du comte de Hainaut (6). Ce beau domaine seigneurial
demeura propriété de la Maison de Dampierre-Flandre-Namur jusque vers 1402,
car avant mars de la dite année (1403 n. st.), il fut acheté par Jehan V,
sire de Le Hamaide, comme on le verra plus loin. C'est donc à tort
qu'on a donné cette seigneurie aux seigneurs Jehan I, II, III et IV de la
Hamaide, qui vécurent au XIVe siècle.
Jehan I ne fut seigneur de Willems que pour une partie de cette paroisse,
car en 1307, Bauduin de Calonne, dit de Scamaing, était bailli
de la Dame de Saint-Aubin, dame de Willems (7).
Jehan I fut aussi avoué de Saint-Sauveur. A ce propos, on lit dans le «
Liber ruber », ce qui suit :
Au folio 47 (n° 42). « De la cognaissance dou Sgr de Le Hamaide pour les
biens des bastards et autres Choses : Jou Jehans de Le Hamaide, chrs.......
en le pourchaine Saint-Sauveur, (anno 1308 juillet). »
Folio 48 (n° 43). « De douze bonniers de terre donnés en fief ample à Mr de
le Hamaide ; Jehan s. de le Hamaide. — Entre le moustier (l'église) et le
bos de Diergnon. - 1308, juillet, au Castiel à Werchin. »
Folio 48 (n° 44). « De la rente de Rocourt donnée à Monsgr. Jehan de le
Hamaide, sa vie durant » (8).
En 1315, l'hoir de Le Hamaide, c'est-à-dire le fils aîné et héritier
féodal de Jehan I, était seigneur de Willems (9).
Jehan I paraît avoir eu pour femme, Marguerite DE HÉNIN-LIÉTARD (10),
fille de Jehan de Hénin-Liétard, chevalier, seigneur de Boussu,
lez-Saint-Ghislain, de Cuvillers, etc., pair du Cambraisis, et de Marie
Bliaut, dame héritiere de Bliaugies ou de Bleaugies (11). Il fut père de
deux enfants ;
1° JEHAN I DE LE HAMAIDE, qui suivra, VIII. (lire JEHAN II)
2° JEHANNE DE LE HAMAIDE, dame de la Motte (à Forest, en Hainaut),
mariée avec Arnould DE HARCHIES, écuyer, seigneur du dit lieu, fils
ou du moins héritier féodal de Guillaume de Harchies, écuyer sire de
Harchies (12).
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(1)
Archives de la ville de Tournai. Greffe de la cité, Layette de 1278.
(2) Idem, ibidem, Layette de 1284.
(3) Cartulaire de l’abbaye de Cambron, tome II, p. 726.
(4) Annuaire de la Noblesse de Belgique pour 1874, ou tome 28, p.
148.
(5) Comte de Saint-Genois, Monuments anciens, t. I, 2e
partie, âge DCCCLXXV (875). Charte datée du samedi avant la fête de la
Nativité de Saint Jean-Baptiste. Ce jour fût le 21 juin 1298.
(6) Comte de Saint-Genois, Monuments anciens, t. I, 2e
partie, p. DCCCXXIX (829).
(7) Archives de Tournai. Greffe de la cité. Layette de 1307. —
C’était le fief du Fresnoy à Willems qu’eurent plus tard les de Lannoy, qui
étaient à la Dame de Saint-Aubin (lez Douai, ou en Douai).
(8) Archives départementales du Nord. Fonds de Saint-Amand. Laber
Ruber.
(9) Archives de Tournai. Greffe de la cité. Layette de 1315.
(10) DE HÉNIN-LIÉTARD : de gueules à la bande d’or.
(11) Annuaire de la Noblesse de Belgique, t. VI (1852, p. 61).
(12) Archives de Tournai. Greffe de la cité. Layette de 1280 et 1283.
Accès où on lit, en 1280 : « Willame de Hcies, écuyer, et Hues d’Arbre » ;
en 1283 : « Willaumes de Harcies, li sires de Harcies » ; en 1319 : « Ernous
de Harcies ».
VIII. JEHAN II DE LE HAMAIDE, chevalier, seigneur de Willems avant 1315,
comme on l'a vu plus haut, lorsqu'il n'était qu'écuyer, devint chevalier et
sire de La Hamaide, de Renaix, pair de Hainaut et avoué de Saint-Sauveur
avant 1333. En la dite année, le mardi avant le jour de la Madeleine (20
juillet), il fut présent à la vente de la terre de Baudour faite de
Gérard de Jauche au comte Guillaume I de Hainaut (1). Jehan II figure
parmi les chevaliers, hennuyers qui, en 1339, aidèrent le roi d'Angleterre,
Edouard III, vicaire du Saint-Empire, à faire le siège de Cambrai. Peu
après, il prit part à l'expédition du comte de Hainaut, Guillaume II,
lorsque ce prince alla à Naves pour repousser les Français que, commandait
le duc de Normandie, fils aîné du roi Philippe VI. Nous le retrouvons encore
au siège de Tournai en 1340 et au sac de Saint-Amand-les-Eaux par le comte
de Hainaut, qui fut un des épisodes de ce siège. Selon la généalogie publiée
dans l'Annuaire de la Noblesse de Belgique pour 1874 (28e année),
p.148, Jehan II serait Jehan III, car il aurait eu pour père un Jehan
de Le Hamaide mort en 1348, époux de N. de Wingles. Nous n'avons rien
trouvé de cela dans les actes consultés. Jehan II mourut vers 1370 et
fut inhumé dans l'église de Le Hamaide où sa femme fut aussi enterrée (2).
Il avait épousé avant 1330, Jehane DE LIGNE, dite la Jeune, à
cause d'une sœur aînée prénommée comme elle et qui fut mariée à Gérard
d'Enghien, chevalier, seigneur de Havrech ou Havré, lez-Mons. C'était une
fille de Fastred II, sire et baron de Ligne, etc., chevalier,
maréchal de Hainaut et de Jehane de Condet-Moriamez (3). Leurs cinq
enfants suivent :
1° JEHAN III DE LE HAMAIDE, qui suivra IX ;
2° ARNOULD DE LE HAMAIDE, écuyer, puis chevalier, est qualifié
seigneur de Rebaix, pair de Hainaut et avoué de Saint-Sauveur avant 1374 (4.
Noble homme Arnould de Le Hamaide, chevalier, avait une rente de 40 sols
tournois sur une maison sise il Tournai en le Rihaigne et qui avait
appartenu à N. h. Jehan de Lawart, chevalier, puis à Jacques Mouton, aussi
chevalier, fils de feu Théry. Il vendit cette rente à Gilles de Ghistielle
par acte du 31 janvier 1385, soit 1386 n. st. (5). Le 13 janvier 1390 (1391
n. st.), Arnould scella un acte concernant Jehan du Boz, dit de le Bouverie,
dont la femme, Delle Marie du Bermez, venait de mourir et dont le plus
prochain hoir était Delle Marguerite du Boz dit de le Bouverie, fille
d'Estiévenart (6). On voit par les armes brisées d'un besant posé sur
le milieu de la première hamaide qui chargent son sceau, et qui se trouvent
aussi sur un autre sceau qu'il mit à une charte en 1379, qu'il était un
cadet (7). Il ne paraît pas avoir été marié.
3° MIQUIEL ou MICHEL DE LE HAMAIDE, écuyer, puis chevalier, était
revêtu de ce dernier grade lorsqu'il accompagna Gautier, sire d'Enghien,
dans l'expédition contre les Gantois, où ce jeune prince fut tué dans le
mois de juillet 1381 (8). Le 20 avril 1384, Messires Michiel et Thierri de
Le Hamaide, chevaliers bacheliers, servaient le duc de Bourgogne dans la
compagnie de Messire Jehan de Ghistelles, chevalier, banneret, dont on fit
la montre ou revue à Lille en Flandre, comme en fait foi le Registre aux
Montres de la Chambre des Comptes de Bourgogne (9). Nobles hommes
Monseigneur Miquiel de le Hamedde (sic) et Monseigneur
Théri de Le Hamaide, son frère, figurent dans un acte passé en chirographe
au greffe de l'Echevinage de Saint-Brice en Tournai, le 18 avril 1385 (10).
— Michel est nommé en divers endroits des chroniques de Jehan Froissart sous
le nom de Messire Mikieulx DE LE HAMAIDE. Ainsi dans le tome IX
de l'édition du baron Kervyn de Lettenhove, on le trouve aux pages 355, 369
et 435-36, où l'anecdote mérite d'être reproduite tout entière. Nous la
donnerions ici, si nous l'avions sous la main. Michel laissa un fils
naturel. Selon ce que nous rapportent des anciens crayons
généalogiques, ce bâtard de Le Hamaide aurait été prénommé Thierri. Or,
comme Jehan IV, sire de la Hamaide, tué en la bataille d'Azincourt, fut
aussi père d'un bâtard du nom de Thierri qui périt avec lui, nous croyons
plutôt que c'est à ce dernier qu'au bâtard de Michel qu'il faut attribuer
l'origine des seigneurs de Chéreng et des de Le Hamaide des deux derniers
siècles.
4° THIERRI de Le Hamaide, écuyer, puis chevalier, fut seigneur
de Vy ou Vicq (Nord), et ensuite de Frasne-sur-Escaut dit Fresnes, et par le
testament de sa tante, Delle Catherine de Ligne, chanoinesse de Maubeuge,
devint seigneur de Vieux-Condet dit Condet-Belœil, lez-Condet-sur-Escaut.
Nous le trouvons d'abord sous le nom de Noble Théri de Le Hamaide, écuyer,
fils de Monseigneur de Le Hamaide, dans un chirographe du greffe de
Saint-Brice, daté du 12 octobre 1366. Le 12 mai 1371, Pierre Darras,
cervoisier, était propriétaire du manoir dit « au Castiel de Rumegnies »
(Rumillies) près de Tournai, qu'il avait acheté de Jehan de Cauchevacque,
qui l'avait acquis de sire Jaquemes Thiébegot. Il le vendit, le dit jour, à
Noble Théri de Le Hamaide, écuyer. Celui-ci revendit ce manoir par acte du
1er juillet 1373 à Jehan Crueuls, fils de Jehan. En 1376, le 14 décembre,
une grande maison de pierres sise en le Rihaigne (rue Haigne) fut vendue à
Thiéri de Le Hamaide, écuyer, seigneur de Vy, par Jehan Dierquesies (de
Herquegies), fils de feu Jaquemon Dierquesies et de feu Lotte Days (d'Aix)
(11).
Thierri fut l'un des chevaliers qui défendirent Audenarde contre les Gantois
en 1379 (12). Nous l'avons vu figurer avec son frère Michel dans des actes
de 1384 et 1385. Nous le trouvons encore mentionné dans une charte du greffe
de Saint-Brice, datée du 25 novembre 1404, année où le 25 février (1403
vieux style), il avait été reçu bourgeois de Valenciennes (13).
Il ne se maria pas, mais eu deux filles naturelles de son amie Delle Marie
Loinbaton, laquelle épousa avant 1405, Noble homme Jehan de Fanuwelz ou de
Fanuwez, écuyer. — Les deux filles de Thierri sont :
A. Marie de Le Hamaide.
B. Marguerite de Le Hamaide épousa Thierri, seigneur d'Yve et de la
Neufville, écuyer, dont les terres étaient près de Fanuez.
5° JEHANNE de Le Hamaide mourut avant 1397. Elle avait épousé Hauwiel
(Hoël) de Quiévrain, écuyer, seigneur de Fontenoi (14).
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(1)
Archives départementales du Nord, à Lille. Chambre des comptes. 2e
cartulaire de Hainaut, folio 227.
(2) Bibliothèque Nationale de France à Paris. Manuscrits de Dom Caffiaux.
Histoire généalogique de familles nobles de France, n° 1246, p. 961. —
Manuscrit français 24020, fol. 26.
(3) C’est par l’alliance avec Condet-Moriamez que la maison DE LIGNE eut
Bailleul en Hainaut, dit Beloeil.
(4) Comte de Saint-Genois. Monuments anciens, t. I, p. 968.
(5) Archives de Tournai. Greffe de Saint-Brice, Layette de 1385.
(6) Idem, Chartrier, Pièces scellées. — Il faut lire du Bermez et non
de Vierves.
(7) J. Th. de Raadt. Les sceaux armoriés des Pays-Bas, t. II, p. 25.
(8) Kervyn de Lettenhove. Histoire de Flandre.
Bruges,
Beyaert-Defoort,
1874, t. II, p. 255.
(9) Bibliothèque Nationale de France. Cabinet des titres. Trésor
généalogique de Dom Villevieille, vol. 45, article de La Hamaide.
(10) Archives de Tournai. Greffe de Saint-Brice, Layette de 1385..
(11) Archives de Tournai. Greffe de Saint-Brice, Layettes des années
1366, 71, 73 et 76.
(12) Froissart. Chroniques. Edition Kervyn, t. IX, pp. 199-200.
(13) Archives de Tournai. Greffe de Saint-Brice, Layettes de 1384, 85
et 1404. — Archives de Valenciennes. Registres aux bourgeois.
(14) Fondations faites en 1379, 90 et 93 dans la chapelle de la Trinité à
Condé-sur-Escaut.
IX. JEHAN III DE LE HAMAIDE, écuyer, puis chevalier, devint seigneur de
La Hamaide, de Willems, etc., après ou en 1370. Il n'était que chevalier
bachelier lorsqu'il fut reçu bourgeois de Tournai, le 11 juin 1350 (1). Du
vivant de son père, il brisait ses armoiries d'un annelet posé sur la partie
dextre de la première hamaide de son écusson. Son cimier était un chapeau de
tournoi sommé de deux aiguières affrontées. C'est ce que porte le scel qu'il
mit en 1363 à une quittance d'un paiement que lui fit la duchesse de Brabant
(2). Le 28 février 1374 (75 n. st.), Jehan scella des pleines armes de sa
famille au contrat de mariage de Guillaume, duc en Bavière, fils aîné du duc
Aubert, régent de Hainaut, de Hollande et de Frise, avec la princesse Marie
de France, fille du roi Charles V (3).
Lors des funérailles du comte de Flandre, Louis II, en janvier 1384 (85 n.
st.), Jehan de le Hamaide et le châtelain de Furnes conduisirent le
troisième destrier de tournoi (4).
Noble homme Mgr de le Hamaide, comme époux de Madame Marie de Wasiers,
héritière en cette partie de feu N. h. Mgr de Vilers, releva la terre et
pairie de Huluch, tenue du château de Lens selon le compte de François
Demaisières pour l'année commencée à l'Ascension 1385 (5).
Mgr Jehan, seigneur de Le Hamaide, comme mari de Dame Marie de Wasiers se
portant héritière du fief du Petit-Hulluch situé à Bruay, et d'un autre fief
situé à Houdain, venus de la succession de feu Mgr de Villers, releva les
dits fiefs tous deux tenus du château de Béthune, selon le compte de Simon
Blassel commencé à l'Ascension 1385 (6).
Jehan III avait épousé vers 1364-65, Marie DE WAZIERS, de la Maison de
Wavrin, dame héritière de Waziers, lez-Douai, de Hénin-Liétard en partie
(8), de Hulluch, de Muerchin ou Meurchin à Quesnoy-sur-Deûle (7), etc., née
vers 1349, morte en 1413, fille
de Hellin VI de Wavrin, dit de
Waziers (8),
chevalier, seigneur de Waziers, de Heudincourt, de Comines,etc., et de
Béatrix de Beauvoir,dite d'Avelus ou d'Aveluis, sa première femme (8).
Jehan III mourut la nuit du jour du Saint-Sacrement (1 juin) de l'année
1396, et sa femme convola vers 1398 avec Hugues de Malvoisin, dit
Briffault de Sorel, écuyer, qui devint chevalier. Elle vécut assez pour voir
la fin d'un procès que ses époux eurent à cause d'elle avec les religieux de
Saint-Vaast d'Arras.
On lit dans le Cartulaire A des Archives de l'abbaye de Saint-Vaast, au
folio 148 :
« L'an 1388 ou auparavant car cette année les parties mirent leur différend
en arbitrage et les arbitres furent Hues de Quinghien, écuyer, Wauthier
Hasterel, Jehan de Saint-Amand et Jehan de Vaulx, lesquels prononcèrent en
faveur des religieux comme appert par la sentence de Ferri de Hangest,
écuyer d'écurie du roi, et bailli d'Amiens du 1er de février 1409 (1410 n.
st.), dans laquelle sentence est fait mention dudit Jehan, seigneur de la
Hamaide lors mort, et de Marie de Waziers, sa veuve, et femme en secondes
noces de Briffault de Sorel. De laquelle sentence ledit Briffault appella au
nom de sa dite femme, mais cet appel fut infirmé par sentence du Parlement
de Paris, le 9 mai 1411, vivant alors les dits Briffault de Sorel et Marie
de Waziers » (10).
Voici le rapport et dénombrement du fief de Meurchin dont nous avons signalé
l'existence dans une note au folio précédent :
« Chest le rappors et denombrement que nous Jehans, sires de le Hamede et de
Willem faisons pour et a le cause de Marie de Waziers, dame des dis lieux,
no chière et amée compaigne et espeuse d'un fief, justice et seignorie
gisans en le parroche de Kesnoit sur le Deule et ès parties d'environ,
appiellé le fief de Meurchin, lequel nous tenons à cause de no dicte espeuze
de no très redoubté signeur no signeur le Duc de Bourghongne, comte de
Flandres de par no très redoubtée Dame me dame la Ducesse de Bourghongne,
comtesse de Flandres, s'espeuze, dou fief de Kesnoit sur le Deulle, liquels
fief de Kesnoit se dépend de le Salle de Lille...etc...etc.
Item, que au dit nef de Muerchin a voec un aultre tenement que nous tenons
de noble homme Parcheval de Lannoit, escuyer, de sen nef de le Moitrie que
il tient dou dessus dit fief de Kesnoit a un bank deschevins qui se use de
communs hommes et jugent pour cascun tenement en alant à cascun tenement,
che qui li compete. Et pareillement se usent, li doy tenement de communs
hommes de fief en alant à. cascun tenement che qui li compete. Sest li dis
fiefs de Muerchin Heges, a justice de viescomt.e et à X livres de relief à
le mort del hiretier...etc.
En tesmoing de che nous avons cest présent rapport scellé de nos propres
seaulz, qui fu fais le darrain jour de septembre lan mil CCC IIII xx
et noef » (11).
Le fief de Huluch, qui était une pairie, était tenu en partie, du château de
Lens en Artois, et en partie, des religieux de Saint-Pierre du Mont-Blandin
de Gand. Il fut relevé successivement en 1385 et 1399 par les deux époux de
Marie de Waziers (12).
Simon de Cordes, mort en 1398 à Castres en Flandres (commune nommée
aujourd'hui Caster) ; époux de Marguerite de Craye, vendit Cordes, Arcq et
Ainières au seigneur de la Hamaide, mais son oncle, Gérard de Corde, put
opérer le retrait lignager de Cordes (13).
C'est sous une haute tombe de marbre noir placée au centre d'une chapelle du
côté gauche de l'église de La Hamaide, que Jehan III fut inhumé. Sa statue
placée sur cette tombe le représentait armé de toutes pièces, la tête
diadèmée de perles. Son casque gisait à ses pieds (14). Il avait pour ses
huit quartiers de noblesse : DE LA HAMAIDE, d'Avesnes, DE
HÉNIN-LIÉTARD, Bliaut de Bliaugies, DE LIGNE, van Sevenbergh,
DE CONDET-MORIAMEZ, de Torote (ou de Thorotte).
Jehan III fut père de cinq enfants légitimes et d'une fille naturelle.
Les cinq enfants légitimes furent :
1° JEHAN IV DE LE HAMAIDE, qui suivra, X.
2° ERNOUL ou ARNOULD IV DE LE HAMAIDE, qui suivra, X bis.
3° MARGUERITE de Le Hamaide épousa Willaumes DE LALAING (15), sire de
Hordaing et comme tel sénéchal d'Ostrevant après la mort de son frère Jehan
arrivée en 1420, et aussi seigneur de Marès et de Fontaine-au-Bois.
Willaumes mourut vers 1435. C'était le troisième fils de Simon I de Lalaing,
chevalier, sire de Quiévrain, de Hordaing, etc., sénéchal d'Ostrevant,
bailli de Hainaut, etc., et de Jehanne du Rœulx, dite d'Escaussinnes (16). —
Jacqueline de Lalaing, l'une des filles de Marguerite de Le Hamaide, épousa
Raoul de Créquy, seigneur de Vil1ers-au-Bocage (17) ;
4° JEHENNE de Le Hamaide épousa Gérard DE SIMOUSIES, écuyer (18), à moins
que l'épouse dudit Gérard n'ait été la bâtarde portée au 6°.
5° N… de Le Hamaide, fille, ne se maria pas (18)
Fille naturelle :
6° Jehenne, bâtarde de Le Hamaide. — Le 29 juillet 1396, Nobles hommes
Jehan, seigneur de le Hamedde, chevalier, et Ernouls de le Hamedde, frères,
donnent douze bonniers de terre situés à Allaing-lez-Tournai, à Delle
Jehenne de Le Hamedde, leur sœur inlégitime (19).
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(1)
Archives de Tournai. Cinquième registre de la loi, fol. 233, recto.
(2) Th. de Raadt . Les sceaux armoriés des Pays-Bas, t. II, p. 24.
(3) Douët d’Arcq. Collection des sceaux des archives de l’Empire français,
tome 3, p. 326, N° 10411.
(4) Froissart. Chroniques (éd. Kervyn). T. X. p. 282.
(5) Archives départementales du Nord, à Lille. Chambre des comptes,
Domaine de Lens.
(6) Idem, ibid., Domaine de Béthune.
(7) C’est la dite partie qui a constitué depuis, le fief de la Hamaide à
Hénin-Liétard.
(8) Archives départementales du Nord, à Lille. Chambre des comptes. État
général de Flandre, portefeuille n° 75. Parchemin original scellé sur simple
queue, scel disparu. C'est le rapport et dénombrement du fief de Meurchin à
Quesnoy-sur-Deûle fait le 30 septembre 1389 par Jehan de la Hamede,
chevalier, sgr de le Hamede et de Willem, qui tenait ce fief à cause de sa
femme.
(9) Bibl. Nat. de France. Cabinet des titres, n° 646 des volumes
reliés, p. 1058-1059. — En 1321, Béatrix était héritière féodale de sa sœur
Marie, dame de Huluch. — Souvenirs de la Flandre wallonne, t. XIX,
première série, p. 136.
(10) Idem, ibid., Hues de Malvoisin testa en la ville de Saint-Quentin, le
23 septembre 1415. Dans son testament il se dit neveu du sire de Chin et de
Busigny. Il était fils de Gérard de Malvoisin, chevalier, seigneur de
Malvoisin, de Sorel, etc., et de Catherine de Chin, de la maison DE
BERLAIMONT.
(11) Cette pièce d’archives prouve l’existence de Perceval de Lannoy,
seigneur de la Motterie, à Leers, en 1389. Cétait, du reste, le quatrième
fils de Marguerite de Maingoval.
(12) A. de Marquette. Cartulaire et abbesses de la Brayelle d’Annay.
Lille, Lefebvre-Dubrocq, 1885, in-80, t. I, p. 323, en note.
(13) Bibl. Nat., à Paris. Dom Caffiaux, Manuscrit n° 1213, p. 2384 articles
Cordes.
(14) Idem. Manuscrits français M.8236, p.120 - MS 24020, fol.25,verso.
(15) Bibl. de Tournai : Ms. CCXXI, petit cahier écrit au commencement du XVe
siècle, avant 1420.
(16) F. Brassart. Le Blason de Lalaing, Douai, I., Crépin, 1879,
In-80, p. 139.(3) J. Gaillard. Inscriptions funéraires et monumentales de la
Flandre occidentale. Église Notre-Dame à Bruges, p. 458.
(17) Léopold Devillers. Cartulaire du comté de Hainaut, in-40, t. V,
p. 397.
(18) L’ une de ces deux demoiselles, pourraient, d’après la chronologie être
la femme de Thierri d’Yve, mais nous croyons fermement que cette femme fut
fille naturelle de Thierri de Le Hamaide, chevalier seigneur de Vy, et de
Marie Loinbaton.
(19) Arch. de Tournai. Greffe de St-Brice, Layette de 1396.
X. JEHAN IV DE LE HAMAIDE, sire de Le Hamaide, de Willems, de Villers
(1), de Hulluch, de la partie de Hénin-Liétard, dit fief de le Hamaide,
etc., acheta Renaix, Hoorebeke et Ellezelles, que lui vendit Jehan de
Flandre-Dampierre, dit de Namur, chevalier, comme le prouvent des lettres
des 7 et 29 avril 1402, par lesquelles Philippe, duc de Bourgogne,
considérant que Jean de Namur, chevalier, propriétaire des seigneuries de
Renaix, de Hoorebeke, de Ellezelles et d'Acren, a vendu au sire de
Lahamaide, les trois premières de ces seigneuries, se réservant celle
d'Acren, adhérite ledit sire de Lahamaide des trois villes précitées et
consent à ce que la seigneurie d'Acren en soit éclissée (2).
Noble homme Mgr Jehan de Le Hamaide, chevalier, releva comme héritier de feu
son père un fief situé à Hennin (Liétard), que son dit père avait acquis de
Mgr de Noyelle, selon le septième compte de Robert Boistel pour
l'année 1396 commencée a l'Ascension (3).
Le 16 avril 1397 (98 n. st.), Jehan, sire de Le Hamaide et de Willems, jura
sa bourgeoisie de Tournai pour « nient » et par grâce pour considération de
ce que ses prédécesseurs ont été bourgeois de la dite ville (4).
Lorsqu'en août et septembre 1398, il accompagna le comte d'Ostrevant à la
guerre de Frise, le sire de La Hamaide fournit six chevaliers et son corps
de troupe comprenait en tout quarante-six lances (5).
En 1400, Jehan, seigneur de le Hamaide et de Willems, tenait à cause de sa
mère, Marie, dame de Waziers, le fief de Meurchin situé au
Quesnoy-sur-Deulle, duquel sont tenus des fiefs par Bernard de Landas, fils
de Delle Jehanne ; Jehan du Quesnoy ; Pierre Le Roy à cause de Catherine du
Quesnoy, sa femme. Ce fief de Meurchin relevait de la Salle de Lille. Pour
la même cause, Jehan tenait un autre fief de N. h. Jehan dit Percheval de
Lannoy, écuyer, fief tenu de la seigneurie de le Moituerie, tenue du
Quesnoy-sur-Deulle (6).
En 1410, le 15 septembre, à Paris, Mgr de Le Hamaide, chevalier banneret,
fit montre (revue) de Messire Ernoul, son frère, Messire Mikiel de Casteller
(du Chasteler) et cinq autres chevaliers bacheliers, de soixante-quatre
écuyers, de douze arbalétriers à cheval et de soixante-douze archers de sa
compagnie, qu'il amenait au service du roi par ordre du duc de Bourgogne
(7). Un peu plus tard étant qualifié seigneur de La Hamaide, de Renaix, de
Condet, etc., et chambellan du duc de Bourgogne, il amena à Paris 120 hommes
d'armes et 160 archers, et le duc pour le récompenser lui donna mille livres
par lettres datées de Paris, le 7 novembre 1410 (8). En 1411, Jehan IV fit
reconstruire le château de Condet-Bailleul ou de Vieux-Condet.
A la fin de l'année 1413, Esteve de Soubrechies comme procureur de Noble et
puissant seigneur Jehan, seigneur de Le Hamaide, héritier de feu Noble Dame
Madame Marie de Wasiers, sa mère, releva un fief tenu du château de
Bapaulmes et situé à la Busquière, selon le compte de Jehan de Dievat
(Diéval) commencé le 17 juillet 1413 (9).
Le 4 mai 1415, Jehan IV scella une charte. Son écu est aux armes pleines. Il
est timbré d'un casque couronné ayant pour cimier deux aiguières affrontées.
L’écu est supporté par deux léopards lionnés et le timbre est soutenu par
deux anges volants (10).
Jehan IV mourut à la bataille d'Azincourt, le 25 octobre 1415.
Il avait épousé en 1397, Anne DE JAUCHE, dame de Gommegnies, Beuvrages,
etc., veuve de Jehan d'Esne (11), avec enfants (12). Cette dame, qui mourut
le 6 janvier 1417 (1418 n. st.), gît dans l'église de Condet-sur-Escaut.
Elle était fille de Jehan de Jauche, chevalier, seigneur de Gommegnies, de
Beuvrage, etc., et de Barbe van Haverskerke, dite de Raches.
C'est par erreur que des généalogistes ont donné le nom de Jehane de Haynin,
dame de Biez, à la mère d'Anne de Jauche (13).
Jehan IV ne laissa pas de postérité légitime, mais ses deux fils naturels
suivent :
1° Thierri, bâtard DE LE HAMAIDE, périt à la bataille d'Azincourt. Il
suivra, XI, en tête de la branche bâtarde des seigneurs de Chéreng ;
2° Jehan, bâtard DE LE HAMAIDE, écuyer, mort à Condet, le 3 novembre 1472,
épousa en juin 1469, Isabeau SEJOURNET (14), veuve de Nicaise Cousin (de
Valenciennes), née au manoir de Béthinsart à Ormeignies, le 12 décembre
1438, morte à Condet à la fin d'août 1473, y enterrée dans l'église près de
son second mari. Elle était le quatorzième enfant de Jean II Sejournet,
seigneur de Béthinsart, etc., et de Marguerite Partit. Isabelle Sejournet
testa à Condet le 18 août 1473. Elle était sœur de Jaspart Sejournet et de
Catherine Sejournet, religieuse à l'abbaye de Fontenelle, lez-Valenciennes.
Parmi ses légataires figurent, outre son frère et sa sœur, Hector de Le
Hamaide, prêtre, et une fille naturelle de son mari, Angniès de Le Hamaide,
femme d'Anthoine Leleu. Ses exécuteurs testamentaires furent Jacques
Sejournet, Jaspart Sejournet, Pierre de Canteraine et Jehan de Monrobert.
Elle donna à l'abbaye de Fontenelle « ung hanap d'argent qui est armoïet des
armes des Sejournet ».
Jehan laissa deux enfants :
Une fille légitime :
A) Isabelle DE LE HAMAIDE, née à Condet, le 18 octobre 1469, y épousa en
1485, au mois de novembre Ustas (Eustache) DE LE HOVE (ou VAN DEN HOVE,
écuyer) (15).
Une fille naturelle :
B) Angniès DE LE HAMAIDE, mariée avant août 1473, avec Anthoine LE LEU ou LE
LEUP (16).
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(1)
L’ un des Villers du Pas de Calais.
(2) Arch. dép. du Nord. Chambre des comptes, Lille, B. 1345. — Inventaire
sommaire : 1906, série B, t. I, 2e partie, p. 392.
(3) Id., ibid., Domaine de Lens.
(4) Arch. de Tournai. Huitième registre de la Loi, fol. 12, perso.
(5) Froissart. Chroniques, édit. Kervyn, notes du t. XVI. p. 309.
(6) Arch. dép. du Nord, à Lille. Chambre des comptes. État général de
Flandre, Portefeuille n° 75.
(7) Chambre des comptes de Bourgogne. Registres aux montres ou revues des
gens de guerre, à la date indiquée.
(8) Idem, ibidem.
(9) Arch. dép. du Nord, à Lille. Chambre des comptes de Lille, Domaine de
Bapaulmes.
(10) J. Th. de Raadt. Les sceaux armoriés des Pays-Bas, t. 2, p. 25.
(11) Voilà pourquoi Gommegnies appartient à la Maison d’ESNE.
(12) Le fils ainé d’Anne de Jauche fut Amé d’Esne, chevalier, seigneur
d’Esne, Cauroir, Ferrière, Jollain, Gommegnies, etc., pair de Cambrésis ; le
fils cadet fut Jehan d’Esne, dit Mansart, chevalier, seigneur dans Esme,
Cauroir, Gommegnies et Sareton, qui épousa Marie de Hames, fille de Robert
IV, seigneur de Hames, Sangatte, Bondues, Hingettes, Béthencourt, etc., tué
à Azincourt le 25 oct. 1415, étant conseiller et chambellan du Roi, et de
Guillemette de Mailly, dame d’Audinfer, etc.
(13) Bibl. Nat. de France. Dom Caffiaux. Manuscrit 1246. Généalogies de
familles de France avant 1400. — Ms. Français 24020, fol. 8, verso. Les
portraits d’Anne de Jauche et de son second mari, le sire de La Hamaide,
forment les nos 220 et 221 du recueil 944.20, de la Bibliothèque
d’Arras.
(14) Comte de Saint-Genois, Monuments anciens, t. I, partie II, p.
911, col. I.
(15) Archives de la famille Sejournet. Livre de raison (original) de cette
famille.
(16) Bulletin du cercle généalogique de Mons, 4e série, p. 433.
Xbis. ARNOULD IV DE LE HAMAIDE, chevalier, seigneur de
Rebais, pair de Hainaut, avoué de Saint-Sauveur, etc., devint après octobre
1415, seigneur de La Hamaide, Renaix, Condet (en partie),
Fresne-sur-l'Escaut (en partie), Mainwault, Wannebecq, Hion,
Neuville-en-Bourjonval (1), etc.; il fut avec son frère Jehan IV à Paris
pour servir le roi de France et le duc de Bourgogne, comme on l'a vu plus
haut à l'article de Jehan IV, degré X.
Voici quelques extraits d'actes qui le concernent :
1410. Ernoul de Le Hamaide, chevalier, seigneur de Rebais, tenait la moitié
de Frasne-lès-Condet et Messire Thomas de Lille, chevalier, l'autre moitié
en fief de Guillaume, duc en Bavière, comte de Hainaut, à la Prévôté de
Valenciennes. On lit à l'apostille que Jacques de Le Hamaide, son fils, le
releva, puis que ce fief fut relevé par Ernoul, frère et héritier de Jacques
(2).
Sous la Prévôté de Mons, Ernoul tenait du même prince, la terre de Hion (3).
1415. Mgr Ernoul de Le Hamede, chevalier, à cause de la succession de feu
Mgr Jehan, seigneur de Le Hamede, son frère, releva trois fiefs tenus du
château de Lens en Artois, sa voir la terre et pairie de Hulluch et deux
fiefs à Henin(-Liétard), selon le compte de Hue L'Orfèvre, commencé le jour
de l'Ascension 1415 (4).
Encore en 1415, il releva de la succession de son frère aîné, un fief du
château de Bapaulmes situé à Langnicourt, selon le compte de Jehan de
Diévat, commencé le 17 juillet 1415 (5).
En 1417, Arnould portait sur son scel, un écu à la hamaide de trois pièces,
penché, timbré d'un heaume couronné, cimé de deux buires et supporté par
deux lions (léopards lionnés). Légende : S. ERNOUL DE LE HAMAIDE, SEIGNEUR
DE REBAIS (6).
Ernoul de le Hamaide eut pour bailli de Hulluch en 1425, Jaquemes de Raisse,
qui était en 1435, bailli du fief de la Hamaide en Hénin-Liétard. Ce
personnage. portait sur son sceau un écu à la fasce (Haverskerke)
accompagnée d'une étoile au bas du canton dextre. du chef, au sautoir
brochant sur le tout. Cela prouve qu'il était un van Haverskerke dit de
Raches (7).
Arnould IV mourut le 13 novembre 1426 et fut inhumé dans l'église de
Lahamaide où au côté gauche du chœur, on lisait cette épitaphe :
CHY GIST HAULT ET NOBLE ERNOULS QUI FUT Sr DE LE HAMAlDE ET DE REBAIS, Sr DE
CONDET ET DE
RENAIS, CHR.; QUI TRESPASSA DE VIE DE CORPS LE XIIIe JOURS DE NOVEMBRE EN
LAN MIL IIIIe XXVI.
PRIEZ DIEU QUE LAME LUY SOIT MISERICORS (8).
Il avait épousé Isabelle D'ENGHIEN dite de Faignoelles dame de Préaux, de
Hussignies, etc., fille de Jacques d'Enghien, chevalier, seigneur de
Faignoelles (ou Fagnolles), de Braine l'Alleud, de Plancenoit, etc., et de
Marie de Roucy, fille de Simon, comte de Roucy, et de Braine, et de Marie de
Châtillon (sur Marne). Devenue veuve, Isabelle convola avant juillet 1428
avec Jacques DE BOURBON, chevalier, seigneur et baron de Thury et des fiefs
de Constantin (Cotentin?),seigneur de Combles et de Puiseux en Artois.
(Jadis archidiacre et trésorier de la Sainte-Chapelle de Paris en 1403,
doïen de St-Martin de Tours, archidiacre de Sens, qui abandonna ses
bénéfices ecclésiastiques pour se marier en automne 1417 avec Jeanne DE
MONTAGU, troisième fille du Seigneur de Marcousis grand maître de France, et
de Jacqueline de la Grange. Il la perdit en septembre 1420, alors qu'elle
n'avait que 23 ans. Alors il guerroya. contre les Anglais, puis se fit
religieux célestin à Ambert dans la Forêt d'Orléans en novembre 1421, puis
devint cordelier, abandonna les ordres pour se remarier et fut tué en
revenant de Rome vers 1429.)
C'était un fils de Jacques de Bourbon, chevalier seigneur de Dargies, etc.,
et de Marguerite de Préaux ou de Prayaulx, dame du dit lieu, Dangu, Thury,
etc., fille de Pierre, seigneur de prayaulx, et de Blanche Crespin, .dame de
Dangu, Thury, etc.
« Jacques de Raisse, bailli de Huluch pour très haut et puisant seigneur
Monsr Jacques de Bourbon, seigneur de prayaulx, aïans, à cause de Madame de
Le Hamaide, sa femme, l'administration et gouvernement des fiefs, terres,
possessions et seigneuries de Jacques de Le Hamaide, aisné filz de feu Monsr
Ernoul, à son vivant seigneur de La Hamaide, et de la dite Dame ».
Telle est une partie du libellé d'une charte du 19 octobre 1429 (9).
Arnould IV laissa cinq enfants légitimes et beaucoup de bâtards dont quatre
nous sont connus. Tous suivent :
Enfants légitimes :
1° JACQUES DE LE HAMAIDE, qui suivra, XI.
2° ARNOULD V DE LE HAMAIDE, qui suivra XI bis.
3° MARIE DE LE HAMAIDE, dame de Waziers, dont les descendants héritèrent de
la Hamaide, de Rebaix, de l'Avouerie de Saint-Sauveur, mourut le 5 juin
1463. Elle eut pour époux Gérard DE BERLAIMONT, chevalier, seigneur
de Ville, Hautrages, Pommerœul, Vierves, Mastaing, etc., mort le 25 octobre
1473, fils de Gérard de Berlaimont, chevalier, seigneur de Ville, etc., et
de Marie van Rotselaer (10). Leur fille, Marie de Berlaimont de Ville,
épousa Jacques de Luxembourg, chevalier, seigneur de Fiennes, de Gavre,
etc., chevalier de la Toison d'or, mort en 1517, inhumé à Sotteghem, fils de
Thibaut de Luxembourg, chevalier, seigneur de Fiennes, etc., et de Phelippa
de Meleun, dame de Sotteghem.
4° ISABELLE de Le Hamaide, dame de Le Hamaide en 1484 après la mort de son
frère Jacques. Ce doit être elle qui vendit Willems à Jehan de Lannoy,
chevalier, seigneur de Rumes, etc. Elle ne prit pas d'alliance.
5° JEHANNE de Le Hamaide.
Enfants naturels :
6° GUILLAUME de Le Hamaide, né de Delle
Jehanne de le Tenre. Il mourut jeune et avant 1409. Colle Cauchi, de Lingne
(Ligne), veuve de Jehan de Bonnaing, eut rémission de la mort de Guillaume
de Le Hamede, fils bâtard de Messire Arnoul de Le Hamede, chevalier, et de
Damoiselle Jehanne de le Tenre, en l'an 1409 (11).
7° JEHAN, bâtard de Le Hamaide, surnommé l'aisné à cause de son neveu bâtard
du même prénom, assista en 1454 au contrat de mariage de son frère légitime
Arnould V. C'est l'auteur des seigneurs de Lussegnies à Frasnes,
lez-Buissenal.
8° MICHEL, bâtard de Le Hamaide, écuyer, mourut à Bruges selon une ancienne
généalogie de la Maison de La Hamaide (12).
9° COLLART ou NICOLAS, bâtard de Le Hamaide, écuyer, reçut du Duc de
Bourgogne, Philippe, dit depuis le Bon, des droits seigneuriaux dûs sur le
fief de Beaufort en la châtellenie de Bouchain, par lettres du 24 août 1427
(13). Il épousa avant 1439, Isabeau DE MONCHIAUS (Monceau), veuve de Henri
de Senzeilles, écuyer, en son vivant seigneur de Merbes-Sainte-Marie, et
fille naturelle de Gui de Monchiaus, chevalier, seigneur du dit lieu en
Hainaut (14). Cela est prouvé par des actes en chirographes de la cour
féodale de Hainaut. — Colart de Le Hamaide eut procès contre Jehan Hocquet
demeurant au Grand-Wargni (15). Sa femme devenue veuve eut vers 1449-50, un
procès contre Jehan Moriau, détailleur de draps (16).
On lit dans le Cartulaire des fiefs tenus du comté de Hainaut en 1410,
renouvelé en 1473, ce qui suit :
Châtellenie de Bouchain, folio 4, recto, 23°. Fief à Bouchain, tenu par Hues
de Bliqui, chevalier. Apostille : Colars, bastard de le Hamaide le
tient. Messire Jehan du Casteler, sgr de Bielaing, a acquit du dit Colart. —
49°. Fief à Bouchain, tenu par Jehan, bastard de Monchiaux. Apostille
: Colard de Le Hamaide, bastard, en est hiretier à cause de sa femme. —
Folio 12 recto. Même châtellenie. Fief à Beaufort, tenu par la Dame veuve de
Messire Regnault Thirout (Thurut), sgr. de Bellaing, lequel fief fut éclissé
du fief qui fut à Colart, bastard de Le Hamaide et de puis à Jacques, son
fils (17).
Colart eut donc un fils prénommé Jacques dont le sort est inconnu.
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(1)
Fief tenu du château de Bapaulmes.
(2) Archives de l’État à Mons. Greffe féodal. Cartulaire des fiefs tenus
du comté de Hainaut de 1410 à 1473, p.26.
(3)
Id., ibid., p.31.
(4)
Arch. dép. du
Nord. Chambre des comptes de Lille. Domaine de Lens.
(5) Id., ibid., Domaine de Bapaulmes.
(6) G. Demay. Inventaire des sceaux de la Flandre, t. I, n° 1002.
(7) G. Demay. Inventaire des sceaux de l’Artois, n° 1468.
(8) Bibl. Nat. de France, à Paris, Manuscrit 24020, épitaphes de Flandre,
fol. 26, verso.
(9) Arch. dép. du Nord. B. 1605. 10e Reg. des Chartes 1434-1442,
fol. IICIIIJXXIX. — Conférez : Inventaire sommaire, t. II, p. 160,
col. 2.
(10) Annales du cercle archéologique de Mons, t. XXIV, p. 186.
(11) Archives de l’Hôtel de ville de Valenciennes. Registre aux bourgeois
de 1400.
(12) Bibl. Nat. de France. Volumes reliés, n° 643, p. 632.
(13) L. Devillers. Cartulaire des comtes de Hainaut, 1337-1436, t. V,
p. 435.
(14) Annales du cercle archéologique de Mons, t. XXX, p. 271.
(15) Arch. dép. du Nord. Chambre des comptes. Comptes de la Prévôté le
Comte de Valenciennes 1446, 31 déc. 1447, 1er janvier 1448 n.
st., fol. 8, recto.
(16) Id., ibid., Compte de 1449, 31 déc. à 1450, 1er janvier 1451
n. st. fol. 6, verso.
(17) Arch. de l’État à Mons. Cartulaire des fiefs tenus du comté de Hainaut.
Châtellenie de Bouchain, p. 78, fief n° 49 du cartulaire de 1410 et
du cartulaire renouvelé en 1474, fol. 12, recto, fief n° 17.
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