Accéder au chapitre « Les Bâtards de La Hamaide »  
 

Annuaire de 1911

b LA NOBLESSE BELGE a

sous la direction du baron Maximilien de Troostembergh

DE LA HAMAIDE
(p. 76 à 129)

 

La maison féodale dont nous essayons de faire une généalogie aussi exacte que possible (1), prend son nom du village de La Hamaide, situé dans le Nord du Hainaut entre Frasnes-lez-Buissenal, Flobecq et Lessines, qui fait partie du canton de Frasnes, de l'arrondissement administratif d'Ath, et de l'arrondissement judiciaire de Tournai. Ce nom vient du bas allemand, soit de Hammeye signifiant hameau, soit plutôt de Hameij ou hameyd, qui veut dire barre, traverse de barrière (2) et, aussi, le bâton dénommé en wallon amendière, qui sert à retourner une charrue de l'ancien modèle, arrivée au bout du sillon. Voici nos preuves : pour la signification BARRE, nous avons l'extrait d'une plainte adressée par les Lillois au Comte de Flandre, vers août 1284, concernant des excès commis contre un de leurs bourgeois à Douai, le 19 mai de la dite année : « Et le batirent et ferirent de mances de coutiau et le navrèrent au kief et ailleurs et fu en péril de  mort, et fu tous froissiés de hamedes et de bastons »(3). Pour le sens de traverse de barrière, ou barrière ou arrêt, voici ce que nous avons à donner : 1292, 31 octobre. La commune de Lille quitte l'abbaye de Marquette « de caucie et de hamede, de tou' leur harnas qui par la dite ville de Lille, passera, soient Kar u Karete u aultrc voiture, que le Kele soit, ki les biens de la dite abeie menront » ... « Ne doivent jamais à nul jour riens demander à ladite abeie, de caucie ne de hamede » (4). Ces citations sont suffisantes pour prouver qu'on se battait à coups de hamaide, et qu'une barrière (ou tout autre genre d'entrave), mise à la libre circulation d'une chaussée, pouvait être qualifiée hamaide. De plus, ce mot veut dire encore une pièce d'armure, comme le prouve cet extrait d'inventaire de biens meubles : « un bachinet à camail, vj s... une paire de wantelès, une paire de brachelès. une hamete, iiij s. ung haubregon de fier, etc. » (5).

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Ce travail est destiné à remplacer la notice fautive et incomplète donnée par l'Annuaire de la Noblesse de Belgique, année 1874 (t. 28), p. 148.
(2) Hameyde était aussi un mot thiois, qui en Brabant, signifiait barrière au Moyen Âge. Une famille Vann der Hameyde avait reçu ce nom à Louvain parce qu'elle habitait près de la «
hamaide » qui barrait la rue d'Oppendorp ou de Diest (XIII°s).
(3) Duthilleul. Douai et Lille, Douai, 1850, I, 40, p. 138.
(4) Archives départementales du Nord, à Lille. Fonds de l'abbaye de la Marquette.
(5) Souvenirs de la Flandre wallonne, Douai, L. Crépin, 1875, in-80, 1ère série, tome XV, p. 153.

 

 

 ARMOIRIES

 

Voyons maintenant si les armoiries correspondent bien au nom ;

LA HAMAIDE porte : d'or à trois hamaides ou traverses de barrière de gueules, ressemblant à trois fasces alésées et formant la figure héraldique que les blasonneurs modernes dénomment une hamaide, en décrivant ces armoiries par ces mots : d'or à la hamaide de gueules, ce qui peut aussi se blasonner : de gueules à deux fasces d'or ; à la bordure du même, ou d'Audenarde, bordé d'or. Le casque qui timbre l'écu est couronné et ses lambrequins sont d'or et de gueules.

Le cimier est formé par deux pignates (cruches ou pots) adossés, l'un d'or et l'autre de gueules, les anses entrelacées (1).

En 1390, le sire de Rebaix, appartenant à cette famille, avait pour supports d'armoiries, deux léopards lionnés, mais depuis, les DE LA HAMAIDE prirent pour tenants : deux sauvages au naturel, ceints et couronnés de lierre de sinople et soutenant chacun une bannière aux armes de l'écu.

Le cri de guerre est : HAMAIDE ! HAMAIDE !   —  La devise : PAR FORCE ET PAR ARMES.

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Dans les sceaux des sires DE LA HAMAIDE, les pignates affrontés...

 

 

 FIEFS ET LIEUX NOMMÉS « LA HAMAIDE » 

 

Les sires de La Hamaide donnèrent leur nom à des arrière-fiefs qu'ils possédèrent avant le XVème siècle, et qui, depuis, pour diverses causes, passèrent sous la domination d'autres familles. Nous citerons d'abord La Hamaide à Hénin-Liétard en Artois. Ce fief, qui était tenu du château de Lens, est ainsi mentionné par Dancoisne : « La Hamaide » était la seigneurie secondaire d'Hénin. Son premier possesseur connu est Bernard Vacca ou du Bois, qui vivait en 1123 ; il eut une assez nombreuse lignée. Cette terre passa successivement dans les familles de Sombres ou Sombreck, de Waziers, de Coupigny, de Ranchicourt et de Bournonville. Oudart de Bournonville possédait ce domaine, quand il reçut la baillie d'Hénin ; ces deux terres et leurs titres furent alors réunis pour n'être plus séparés(1).

On remarquera dans cet articulet, que la famille qui donna son nom à cette terre seigneuriale n'est pas citée. Mais fort heureusement, un historien plus sérieux que Dancoisne, feu Félix Brassart, archiviste de Douai a, dans une très bonne étude sur les anciens seigneurs d'Hénin-Liétard, largement réparé cette omission. On voit dans ce travail que cette portion d'Hénin fut l'apanage de Bernard, surnommé Le Vacque, seigneur du Bois-lez-Hénin, dit depuis Bois-Bernard ; que Bernard était frère de Bauduin Brochet, Sire d'Hénin, et fils comme lui de Liétard Brochet, dont le prénom fut ajouté plus tard au nom d'Hénin (2) ; que vers l'an 1310, Isabeau du Bois-Bernard (3), héritière de la seigneurie secondaire d'Hénin, épousa Godefroid de Sombreffe, fils cadet de Jehan, sire de Sombreffe en Brabant, et d'une fille de Gilles de Beaumetz, châtelain de Bapaume; que ladite Isabeau ne laissa qu'un fils et une fille ; que le fils « Monsieur Morel de Sombreffe », mort sans enfants vers 1348 (4), eut pour hoir féodal, sa nièce, Béatrix d'Aveluis, fille de sa sœur mariée au seigneur. d'Aveluis, cadet de la Maison de Beauvoir; que Béatrix d'Aveluis épousa Hellin, seigneur de Waziers, lez~Douai, auquel elle porta en dot la partie de la terre d'Hénin-Liétard mouvant du château de Lens ; que leur fille aînée, Marie de Waziers, en épousant vers 1365, Jehan, sire de La Hamaide, chevalier, fut dotée de cette terre, et qu'enfin c'est de cette époque que la seigneurie secondaire d'Hénin fut appelée le fief de La Hamaide (5). En voici la description : « Jehans, sires de Le Hamede, de Willem et de Hennin-Liétard en partie », fait connaitre en un dénombrement donné le 21 mai 1385, l'importance de cette seigneurie, tenue il 60 sols de relief. Le gros consistait en un manoir et 95 mencaudées de terre « ahanaule, tout à un censier ». Outre des rentes foncières en avoine, en argent, en pains et en chapons, « ay en ladite ville d'Hennin », ajoute le dénombrant, « et au terroir d'icelle, le moitié de la seignourie a l'encontre du prinche, de tout ce qui vient au jugement des échevins de la dite ville, excepté l'amende de lx libres, quand elle est jugée, où je n'ay riens ». Quatorze vassaux lui devaient l'hommage et parmi eux « Roghes du Paiäge, dit Desghises » qui tenait « a un demy liege de relief, le Prévosté de Hennin » (6). D'après un dénombrement servi en 1500, le manoir de La Hamaide à Hénin-Liétard tenait à la rivière et courant d'eau d'icelle ville (7).

Puis vient le fief de La Hamaide à Neuville-en-Ferrain, tenu du châtelain de Lille à 10 livres de relief. Il comprenait quatorze bonniers six cents d'héritages, des rentes sur 38 bonniers et un plein banc d'échevins. Jehan dit Athis Frémault avait ce fief en 1456 ; Son fils Jehan Frémault, l’avait en 1493. Après eux vint Walter de Haudion dont la sœur héritière, Adrienne d'Haudion, douairière de Wallebeke (8), vendit le dit Fief à Maximilien de le Val, écuyer (9) Enfin nous trouvons le fief de Le Hamedde ou Hamaide à Ostricourt en Pévèle, fief tenu à 7 sous 6 deniers de relief. Il consistait en rentes et avait toute justice et seigneurie foncière ; bailli, cour et hommes cottiers, lesquels devaient service de cour et plaids à Ostricourt ; droit d'afforage sur les boissons. Ce bien fut à Quintin Noiret, puis à, sa fille Jacqueline Noiret, femme de Marc de Glen, et, avant 1501 à Quintin de Glen, fils de ces derniers. - Puis vint Jehan Danvers, fils de Pierre (10). Il y a sans doute encore d'autres lieux nommés Hamaide, mais nous n'en connaissons que deux en Belgique, outre le village ; l'un étant une dépendance de Baudour, l'autre gisant au territoire de Hautrage.

Peut-être, comme les autres, doivent-ils leur nom à la famille dont nous allons nous occuper ?

Citons encore, pour mémoire, Amettes, village du Pas de Calais, mais dont le nom est le diminutif de son voisin, le village d'Ames, et la coûture des
Hamaides à Blandain (Tournaisis).

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Dictionnaire historique et archéologique du Pas de Calais. Arrondissement de Béthune, t. l, p. 371.
(2) Pour le distinguer d'Hénin-sur-Cojeul.
(3) DU BOIS-BERNARD : de gueule à la bande fuselée d'or ; au lambel d'azur.
(4) Morel de Sombreffe eut pour prénom Godefroid (Christophe Butkens, Trophées de Brabant. in-folio, t. Il, p. 204). Sa sœur fut Jeanne de Sombreffe.
(5) Souvenirs de la Flandre wallonne, Douai, L. Crépin, 1879, t. XIX,
p. 130 à 137.
(6) Archives du parlement de Flandre, Douai : Guerre de Malines, sac 44.
(7) Idem, ibidem, idem.
(8) Elle était veuve de Charles de Gruutere, écuyer, seigneur de Wallebeke à Tronchiennes ou Dronghene, lez-Gand
(9) Th. Leuridan. Statistique féodale. Le Ferrain dans le tome XVII du Bulletin de la commission historique du Nord, Lille, Danssel, 1886, in-80, p.223 - Bibliothèque Nationale à Paris. Collection Colbert, Flandre, vol. 3i, folio 5. Lettres des officiers de la chambre des comptes de Lille portant commission de Bailli de plusieurs fiefs situés en la châtellenie de Lille, confisqués le 27 octobre 1569. Le fief de La Hamaide en la paroisse de Neufville-en-Ferrain, confisqué sur Walter de Haudion, dit Ghibrechies, banni.
(10) Th. Leuridan. Statistique féodale. La Pévèle. Lille, L. Danel 1901, in-80, p. 167.

 

 

LA BARONNIE DE LA HAMAIDE 

 

L'important fief dit aussi baronnie de La Hamaide comprenait avec la commune de ce nom, les paroisses de Wannebecq et de Mainvault. En 1589, ce domaine est ainsi décrit par son propriétaire : « Noble et puissant seigneur Messire Philippes, comte d'Aigmont, prince de Gavre, chevalier de l'Ordre du Thoison d'or, etc., tient dudit Silly, un fief liege quy est la terre et seigneurie de la Hamayde, se comprendant en trois paroiches, asçavoir la Hamayde, Wannebecq et Mainwault, en toute justices et seigneuries haulte, moyenne et basse, en icellès villes, en wareschay, en toutes les mortemains, en une chasteau et bassecourt, en ung moulin au vent, en dix bonniers de bois à tailles chacun an parmi les seuwes, en dix bonniers de pretz, en xxxiiij bonniers de terres, en six bonniers de jardins et pastures, en viviers, en ung tordoir, en vijxxiiij 1. xij s. de rentes, en ijc chappons, en viijxx rasières d'avaine avec plusieurs aultres rentes, en ung terraige de xij garbes du cent que l'on doibt amener audit chasteau, sur tous la plupart de héritaiges dudit Hamayde et parties sur Wannebecq. item, se comprend aussy ladite terre de la Hamayde en plusieurs et grand nombre de rentes d'argent, avaine et chappons, en terres, terraiges et viviers en arrier fiefz, quy en sont tenus, et aultres parties,  y pendant et appartenant » (1).

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Ernest Matthieu. La Féodalité en Hainaut. La Pairie de Silly et ses fiefs. Louvain, Lefever, 1891, in-80, p. 22 (Extrait des annales du Cercle Arch. d'Enghien).

 
      
 

           

LES GRANDS DE LA HAMAIDE

 

1129. JULIEN et ARNOULD, frères, sont nommés en même temps que Hugues de Lens (en Hainaut) et Gauthier, son fils ; que Isaac et Gossuin ; que Hubert et Fastred, son frère ; que Héribrand et Gautier, son fils (1).

On remarquera que les personnages cités n'ont pas tous la désignation patronymique, mais nous pouvons la leur donner sans nous tromper. Ainsi Julien et Arnould sont des DE LA HAMAIDE, Isaac et Gossuin sont des DE MONS ; Hubert et Fastred sont des D'AUBECHIES ; Héribrand et Gaultier sont des DE LIGNE.

1154. En cette année, Mathilde de Blaton affranchit quelques serfs pour les asservir à Saint-Ghislain. Parmi les chevaliers qui scellèrent la charte sont nommés :

Nicolas d'Avesnes, Raze de Wadripont, Nicolas de Blaton, Nicolas de Mainvaut, Estienne de Bernes, Roger du Ploych, Gossuin Homereit, Guillaume de Rume, Mathieu de Popioel, Thirry de Leuze, Arnould d'Anveng, Wessemar d'Anveng, frère dudit Arnould, Nicolas d'Herbau, Arnould, Julien et Gérard DE LA HAMAIDE (2).

Comme contemporain de ces trois de Le Hamaide mais sans liaison de parenté proche avec eux, nous trouvons Godelcasc DE HAMAIDE (3), dont le prénom est une corruption de Gottschalck. Ce personnage vivait en 1162. Nous commençons la filiation directe comme suit :

I. N... DE LE HAMAIDE, seigneur du dit lieu, laissa deux fils légitimes :

1° ARNOULD DE LE HAMAIDE, qui suivra, II.

2° JULIEN, mentionné comme on l'a vu plus haut, en 1129 et 1154, et encore en 1160 (4). Nous ne lui connaissons pas de descendance, s'il n'est pas auteur de la famille des Le Hamaide dits d’Anvaing.

II. ARNOULD Ier DE LE HAMAIDE, chevalier, seigneur de Le Hamaide, etc., cité avec son frère Julien en 1129, et avec celui-ci et Gérard de Le Hamaide en  1154, est encore nommé avec eux en 1160 (5). En 1158, Arnould fut témoin à l'acte par lequel Gilles de Blicqui cède à l'abbaye d'Eenham, une prairie  située entre Hellebecq et Silly, au profit des habitants d'Hellebecq et des serfs, colons de ladite abbaye en cet endroit (6). Dans l'année 1161, Arnould scella l'acte par lequel l'abbé et les moines de l'abbaye du Saint-Sépulcre de Cambrai cédèrent au comte de Hainaut, Bauduin IV, le moulin de Villereau (7). En 1164, Arnould est cité avec son fils, Gérard (8). Nous connaissons à Arnould Ier, un fils légitime ;

c'est GÉRARD DE LE HAMAIDE, qui suit, III.

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Dom P.Baudry, Annales de l’abbaye de St. Ghislain, dans les Monuments pour servir à l’histoire des provinces de Namur, Hainaut et Luxembourg, etc. Publiés par le Baron de Reiffenberg, tome V de la collection, dit aussi tome VIII.
(2) Annales de l’abbaye de Saint-Ghislain, p. 373.
(3) Bulletins de la Société historique et littéraire de Tournai, t. XIV, p. 132, note 2.
(4) Annales de l’abbaye de Saint-Ghislain, p. 375.
(5) Idem, ibidem.
(6) Piot, Cartulaire d'Eenham, p. 45.
(7) Duvivier. Recherches sur le Hainaut ancien, p. 591, 593.
(8) Annales de l'abbaye de Saint-Ghislain, p. 378.

 

III. GÉRARD DE LE HAMAIDE, chevalier, seigneur dudit lieu, etc., est mentionné dans des chartes des années 1154, 1160 et 1164, comme on l'a vu plus haut, avec son père et son oncle d'abord, puis avec son père seul, mais dès 1180, il est l'unique représentant de la famille (1). En 1182, il figure comme pair du Château de Mons lorsque Jacques, seigneur d'Avesnes, de Leuze et de Condet, vint prêter au comte Bauduin V de Hainaut, le serment de fidélité qu'il reniait quarante jours plus tard (2). En 1185, Gérard vendit à l'abbaye d'Eenham, six bonniers de terres et de bois et prit les armes avec les autres seigneurs du pays de Hainaut pour aider le comte Bauduin V à défendre ses états envahis par le duc de Brabant (3). L'année suivante, il fut l'un des juges du duel judiciaire qui devait avoir lieu entre Gérard de Saint-Aubert et Robert de Beaurains, et où le dernier n'osa paraître (4). Lorsque le jeune Bauduin, héritier de Hainaut, alla à Worms en 1191 pour y rencontrer l'empereur Henri VI, Gérard de Le Hamaide fut l'un des cavaliers qui l'accompagnèrent (5). Il fut aussi du nombre des seigneurs du Hainaut qui firent le serment d'exécuter le traité conclu en 1194, entre leur comte-souverain et le duc de Brabant (6). Dans une charte datée du 7 avril 1195, par laquelle le comte Bauduin termine les différends qui s'étaient élevés entre l'abbaye d'Eenham et le seigneur de la Hamaide, celui-ci est qualifié miles illustris et probus (7).

 Gérard eut pour successeur son fils ODON, qui suit, IV.

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Piot, Cartulaire d'Eenham, p. 372.
(2) Gilbert de Mons, Chronique du Hainaut, dans le tome XIV des Mémoires de la société historique et littéraire de Tournai, ou tome I de la dite Chronique, p. 278.
(3) Kervyn deLettenhove. Chronique de Froissart, tome XXI ; Table, p. 503.
(4) Gilbert de Mons, Chronique du Hainaut,  tome I,  p. 360-361.
(5) idem, ibidem, tome II (ou tome XV) des Mémoires de la société historique et littéraire de Tournai, p 40-41.
(6) Baron de Reiffenberg. Monuments pour servir à l’histoire des provinces de Namur, Hainaut et Luxembourg, etc., t. I, p. 319-320 — Baron Kervyn de Lettenhove. Chronique de Froissart, tome XXI ; Table, p. 503.
(7) Ernest Matthieu. La Pairie de Silly et ses fiefs. Louvain, Lefever, 1891, in-80, p. 35.

 

IV. ODON DE LE HAMAIDE, chevalier, seigneur dudit lieu, figura en 1201 parmi les nobles de Hainaut et des Flandres assemblés à Valenciennes par le comte Bauduin, dans le but de prendre la croix pour aller secourir les Chrétiens de la Terre Sainte (1). Cette croisade, qui fut la cinquième, dévia, car elle aboutit à la prise de Constantinople par les Latins et à la création d'un empire éphémère dont le comte des Flandres et du Hainaut fut le premier chef. Odon de la Hamaide prit part, dit-on,  à cette expédition guerrière (2). A partir de 1201, il n'est plus mentionné dans les chartes. Il laissa au moins trois enfants légitimes, deux fils et une fille, savoir :

    1° ARNOULD II, sire de le Hamaide, etc., chevalier,  cité dans des chartes de 1213, 1216 et 1220 (3). Il mourut sans postérité légitime avant 1235, car dès cette année, son frère Thiéri est qualifié seigneur de la Hamaide.

    2° THIÉRI DE LE HAMAIDE, qui suivra, V.

    3° N..., femme de Jacques II DE SOMBREFFE, chevalier, sire du dit lieu (4). Cette alliance est prouvée par la charte suivante :

Carta Domini Th. de Hamaidia de III boneriis nemoris.

(15 mai 1259.)

« Jou Thieris, chevaliers, sires de Le Hamaide, fach savoir à tous chiaus ki ces letres veront et oront, ke cum il fust ensi ke je deusse al abbe et au couvent de Cambron trois bouniers de bos ke il aquisent à me sereur de Sombreffe, a prendre el bos de Weddengien,  jou ces trois bouniers de bos leur ai aviseit tout sains mesureir en men bos devant dit de Weddengien, par le conseil de mes homes, Williaume, men maïeur de Le Hamaide, Symon le Drut, Jehan le Careton, et Wautier le Bourgois, mesureur de teres, en teil maniere, ke quant li bos sera tailliés, on le doit mesureir, se trop en i a devers le devise ki faite i est,  oster on doit on outel pan par devers le bos monsengneur Williaume de Wanesbeke, et se petit en ia, parfaire le doit on par devers le bos devant dit monsengreur Williaume. A cete devise faire fu de par labe et le couvent de Cambron, frère Wistasses leur convers, maistres de Cambroncel, et de par mi i fu Henris de Fordes mes cousins. Et pour chou que ceste chose soit ferme et estaule, jou Thieris, sires de Le Hamaide, et Ernous, mes fils, avons fait nos saiaus pendre à ces lettres, et li abes et li convens de Cambron le leur. Ce fut fait lan del Incarnation Jhesu Crist mil CC et LIX, le dimence devant l'Ascension » (6).

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Mirœus et Foppens. Opéra diplomatica, t. III, p. 73, col I.
(2) Baron Kervyn de Lettenhove. Chronique de Froissart, tome XXI, p. 503.
(3) J. J de Smet. Cartulaire de l’abbaye de Cambron. Bruxelles, Hayez, 1869, in-40. t. II, p. 644, 689 et 816. Bulletins de la société historique et littéraire de Tournai, t. II, p. 197.
(4) Voir notice 6 de la page précédente.
(5) Butkens. Les Trophées du duché de Brabant, t. II, p. 204.
(6) J. J. de Smet. Cartulaire de l’abbaye de Cambron. T. II (cartulaire de Woudeke et Rebais), p. 703. — Dans cette charte, il s’agit de trois bonniers de bois, sis à Œdeghien ou Œudeghien, vendus par la dame de Sombreffe, sœur du sire de la Hamaide, à l’abbaye de Cambron. — De Fordes ne serait-il point pour de Cordes ?

 

V. THIÉRI DE LE HAMAIDE, chevalier, avoué de Saint-Sauveur, devint seigneur de la Hamaide après le décès de son frère Arnould II, arrivé avant juillet 1235 (1). On trouve son nom mentionné pour la première fois en 1202 (2). En 1214, il combattit dans les rangs des Flamands, contre les Français à Bouvines et y fut fait prisonnier (3). En 1210 et 1220, il comparait à des actes avec son frère (4). En 1225, on le trouve seul (5) et en 1228, il est nommé Théri DE LE HAMEDE, li chevalier (6). Puis c'est dans des actes de 1235 et 36, qu'on le voit qualifié sire de Le Hamaide (7). Ensuite, il figure dans les chartes de 1243, 1246 et 1259 (8), seul encore, et dans les chartes de 1251 avec son fils Gérard (9), alors seigneur de Rebaix, et dans des chartes de 1256 et 1259 avec Arnould, son fils aîné (10) et enfin en 1257, avec ses fils Arnould et Gérard (1l). Le dernier acte où il est mentionné, à notre connaissance, date de 1264 (12), et il était mort avant janvier 1267 (1268 n. st.) (13).

Le sceau de Thiéri de la Hamaide était équestre. On y voyait un cavalier courant de gauche à droite, l'épée haute et portant au bras gauche un bouclier ou écu armorié de trois hamaides. La légende est complètement détruite. Au contre-sceau se trouve un écu chargé de deux bandes, avec cette autre légende : CLAVIS SIGILLI (l4).

En 1242, on retrouve un GUERRY de Hamede, chevalier, qualifié avoué de Flamengrie, qui déclare reconnaître n'avoir aucun droit sur les hommes de La Capelle et avoir mis en liberté Jehan d'Estrées qu'il avait emprisonné (15). Comme il y a une certaine ressemblance entre les prénoms Thierri et Guerry, nous rapportons cela ici pour mémoire.

1254. Messire Thierri, sire de Le Hamaide, fut élu pour compartiteur de l'assiette de 120 livrées de terre au plus près de Marke, que Jehan, dit sire d'Audenarde, devait céder à Mgr Louis d'Audenarde, son cousin, au mois de septembre (16).

1256. Messire Thierry de le Hamaide, chevalier, assiste avec son fils Arnoul, aussi chevalier, et d'autres, comme justice, à l'adhéritement d'un fief situé en la paroisse lie Cayn (17), donné par Messire Jehan, dit sire d'Audenarde, comme suzerain, à Mgr Ernoul, seigneur de Mortagne, châtelain de Tournai, qui en avait acquis l'hommage de Messire Gérard de Waudripont, au mois de février 1250 ou 1257 n. st. (18).

En 1257, Thierry, sire de Le Hamaide, Arnoul et Gérard, ses fils, tous trois chevaliers, furent présents à la donation de certain héritage, situé au bois de Tongre en Hainaut, faite à l'abbaye de Cambron par Jehan, sire d'Audenarde, aussi chevalier, en mars 1257 ou 1258 n. st. (19). Une charte de mars 1258 (1259 n. st.), nous apprend que partie des fonds de terre situés à Ogy et donnés par Gossuin dit Bouriaux de Ogy pour la dotation de la chapelle par lui fondée du dit Ogy, était tenue en fief de Messire Thierri de Le Hamaide (20).

Au mois de sept. 1259, Thierri de Le Hamaide fut présent à un accord, passé sous arbitre, entre Jehan, dit sire d'Audenarde, et Wattier de Corroit, touchant la haute justice du fief d'Athicouve, tenu du fief de Torincourt (21).

Avant 1217, Thiéri de Le Hamaide avait épousé Dame LIÉGAR ou LIÉGARDE, sans doute LÉODEGARDIS, qui pourrait avoir été l'héritière de Rebaix, fief important, l'une des douze pairies du Hainaut, dont leur second fils, Gérard de Le Hamaide, jouissait déjà en 1251 (22). En mai 1235, l'épouse de Thiéri était la fille de Hugues de Gages, chevalier (23).

De cette alliance, vinrent, au moins, deux fils, savoir :

1° ARNOULD DE LE HAMAIDE, qui suivra, VI.

2° GÉRARD DE LE HAMAIDE, chevalier, seigneur de Rebaix, Arcq, Ainières, etc., pair de Hainaut à titre de sa terre de Rebaix.

On le rencontre dans les actes avec son père en 1251 (24) et avec son père et son frère en 1257 (25). Dans cette dernière charte, Arnould est nommé après son père et avant Gérard.

En 1269, Gérard consentit à ce que les terres, prairies, etc., que Daniël, prêtre, curé d'Arch et d'Ainières et Watier Frotard, son frère, avaient données à l'abbaye de Saint-Nicolas du Bois (26), soient esclissées de son fief à la charge d'un cens annuel. A quoi consentit aussi Arnoul, sire de Le Hamaide, son frère, au mois de juin 1269 (27).

Gérard eut pour hoir féodal, son neveu Thiéri de Le Hamaide, fils cadet de son frère, qu'on verra plus loin.

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Thierry de La Hamaide renonce aux droits qu'il prétendait percevoir lors de la vente des terres de Saint-Amand à Anvaing. Il abandonne à l'abbaye de Saint-Amand le moulin à vent qu'il avait fait construire à Saint-Sauveur et reconnaît qu'il ne peut établir de moulin ni à Saint-Sauveur, ni à Anvaing. — Bibliothèque Nationale à Paris. Collection Moreau, vol. 149, p, 165, d'après le livre blanc, N° 212, t. II du Cartulaire de Saint-Amand des Archives du Nord, à Lille.
(2) Annales de l'abbaye de Saint-Ghislain. p, 417.
(3) Duchesnes. Historiae Francorum scriplorum, t. V, p. 269.
(4) Cartulaire de Cambron, t. II, p. 644, 649 et 773.
(5) Annales de l'abbaye de Saint-Ghislain, p. 419.
(6) Cartulaire de Cambron, t. II, p. 907 ; t. I, p. 322. — Archives de Tournai : Actes d'intérêt privé, Layette de 1328. Acte de décembre 1228.
(7) Cartulaire de Cambron, t. II, p. 918.
(8) Annales de l'abbaye de Saint-Ghislain, p. 445-447- — Teulet. Layettes du Trésor des Chartes, t. II, p. 592, 597.
(9) Annales dé l'abbaye de Saint-Ghislain, p. 446.
(10) Martène et Durand. Thésaurus anecdotorum, t. I. p. 1o83. — Cartulaire de Cambron, t. II, p. 703.
(11) Cartulaire de Cambron, t, II, p, 375 et 376.
(12) Annales de l'abbaye de Saint-Ghislain, p. 448.
(13) Archives des Hospices de Tournai. Cartulaire du Béguinage, 19 janvier 1267.
(14) Archives Nationales de France. Layettes du Trésor des Chartes publiées par Alexandre Teulet, tome XI, p. 598 a. r.
(15) Cartulaire 2me de l'abbaye de Saint-Denis en France.
(16) Archives départementales du Nord à Lille. Chambre des Comptes. Cartulaire rouge, folio 29.
(17) Cayn (aujourd'hui Kain, Hainaut) était tenu on fief de l'abbaye d'Inden, lez Aix-la-Chapelle, par le sire d'Audenarde. Le fief cédé était dû par Colart de le Vingne, maire héréditaire de Kain. Cte de Saint-Genois. Monuments anciens, t. I, p. 586.
(18) Chambre des comptes de Lille, Cartulaire rouge, fol. 34, verso.
(19) Chambre des comptes de Lille, Cartulaire rouge, fol. 29, verso ; Cartulaire de Cambron, t. I, p. 376.
(20) Chambre des comptes de Lille, Cartulaire rouge, fol. 30.
(21) Idem, ibidem, folio 123. — Athicouve est un village près d’Audenarde nommé aujourd’hui Etichove ; Torincourt doit être Thoricourt en Hainaut.
(22) Archives de Tournai, Greffe scabinal de la Cité, Chirographes, Layette de 1217. — Annales de l'abbaye de Saint-Ghislain, p. 446.
(23) Léo Verriest. Le servage dans le comté de Hainaut. Bruxelles, Hayez, 1910, in-80, p. 472.
(24) Annales de l’abbaye de Saint-Ghislain, p. 446.
(25) Cartulaire de l’abbaye de Cambron, tome I, p. 375, 376.
(26) Saint-Nicolas-au-bois, Aisne, Arrondissement de Laon, canton de la Fère.
(27) Bibliothèque Nationale de France. Cabinet des titres. Trésor généalogique de Dom Villevieille, vol. 45, article de La Hamaide. Cartulaire de l’abbaye de Cambron, t. I, p. 376 ; t. II, p. 704.

 

VI. ARNOULD III DE LE HAMAIDE, chevalier, seigneur de la Hamaide avant janvier 1267 ou 1268 n. st. (1), est nommé avec son père dans une charte de 1256 (2) et avec son père et son frère, dans une autre charte datée de 1257 (3). Il fut avoué de Saint-Sauveur ainsi que l'avait été son père (4).

Du vivant de celui-ci, il se servait d'un scel portant un écu d... à trois hamaides d..., brisé d'un lambel de cinq pendants d… Nous avons vu ce scel appendu à une charte du 21 août 1268. C'est un acte d'intervention que fait Arnould comme arbitre pour rétablir la paix entre les Tournaisiens et Rasse de Florainville dit l'Ardenois, chanoine de Leuze ; Mgr Jehan, Oston et Wautier, tous trois frères de ce chanoine ; Mgr Gilles, sire de Waudripont, et Madame Mehaut, sa femme, fille du sire de Trazegnies, et sœur consanguine des quatre frères de Trazegnies dits de Florainville. Les Tournaisiens étant en armes, avaient détruit la maison que le sire de Waudripont et sa femme avaient à Dameries sous Grandmetz, et Monseigneur Rogier de Mortaigne, sire d'Espierres, avait au nom du Magistrat de Tournai, arrêté le chanoine et l'avait expulsé de force hors de la ville et de son territoire (5).

Arnould ne paraît pas avoir changé de sceau après le décès de son père, car en 1280 et 1289, il se servait encore de celui dont il usait en 1268 (6).

Arnould III, qui vivait encore en 1290, avait pris pour femme, Aélis D'AVESNES, fille de Fastred II  d'Avesnes, chevalier, seigneur de Willems-lez-Lille, avoué de Flamengrie, et de N... de Rume (7), fille de Jehan I, seigneur de Rume-lez-Tournai, et de Béatrix d'Antoing.

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Archives des hospices de Tournai : Cartulaire des biens du béguinage.
(2)
Martene et Durand. Thesaurus anecdotorum, t. I, p. 1083.
(3) Cartulaire de l’abbaye de Cambron, t. I, p. 375, 376.
(4) Archives des hospices de Tournai : Cartulaire des biens du béguinage.
(5) Archives de la ville de Tournai. Chartrier, Chartes de 1268.
(6) J. Th. de Raadt, Les sceaux armoriés des Pays.Bas, etc. tome II, p. 24. – G. Demay. Inventaire des sceaux de la Flandre, t. I, no 1006.
(7) Chronicon Balduini Avennensis, etc., Anvers, Henri Thieullier, 1693, petit-in-folio, p. 42. – La Flamengrie-Lez-Bavai.

 

De cette union, vinrent deux fils et une fille, qui suivent, ce sont :

1° JEHAN DE LE HAMAIDE, qui suivra, VII.

2° THIÉRI DE LE HAMAIDE, chevalier avant 1294 (1), sire de Rebaix et pair de Hainaut avant 1299 (2), comme hoir féodal de son oncle Gérard. Il vivait encore en 1307, bien que d'après son épitaphe qui se voyait autrefois dans l'église des Cordeliers de Valenciennes, il serait décédé en 1303. Pour nous, Thiéri est décédé en 1308 ou 1313, car son existence en 1307 ne peut-être mise en doute, la date étant écrite en  toutes lettres dans une charte de l'abbaye de Cambron (3). Voici son épitaphe qui comprend aussi celle de sa femme :

« Desoubs cest arcure gist en habit de St François, notable chevalier messire Thierry de la Hamaide, lequel trespassa l'an MCCC et III, le XVIJème jour d'octobre. »

« Auprès de luy gist en habit de St François, son espouse, Dame Marie d'Audregnies, laquelle trespassa l'an MCCCV, le sixième jour de mai. Priez Dieu pour leurs âmes » (4).

Il est évident que la véritable inscription devait porter en lettres gothiques ou onciales, Thierri de Le Hamaide, et dans une vieille généalogie, on lit que le  nom de l'épouse était Marie d'Audignies et que ses  armoiries étaient d..., au croissant d... Mais comme Thiéri ne laissa pas de postérité légitime, son alliance est de peu d'importance.

3° Une fille (5).

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Bibliothèque Nationale de France. Cabinet des titres. Trésor généalogique de Villevieille, vol. 45. La Hamaide, 1294. — Chambre des comptes, à Lille, aux archives départementales du Nord, 1er cartulaire de Hainaut, charte 108.
(2) Archives de l’abbaye de Saint-Nicolas-au-bois. Layette 5, no 29.
(3) Cartulaire de l’abbaye de Cambron, tome II, p. 728.
(4) T-A. Bernier. Histoire des seigneurs d’Angre, de Roisin et d’Andregnies. Dour, 1863, petit in 80, p. 50. — Il faut remarquer que si Thierri fût mort en 1303, sa femme aurait eu dans son épigraphe, ces mots : qui fut son épouse, ou sa veuve.
(5) Chronicon Balduini Avennensis, etc. p. 42.

 

VII. JEHAN I DE LE HAMAIDE, chevalier avant 1278 (1), figure dans une charte tournaisienne de la dite année en compagnie de Thiéri dou Ruès, c'est-à-dire du Rœulx, aussi chevalier. En 1284, il est encore nommé dans un acte passé à Tournai (2). Il comparait avec le titre de seigneur de Willen, c'est-à-dire de Willems, lez-Cysoing, dans une charte datée de 1294 (3), mais s'il devint seigneur de Le Hamaide avant 1298, puis seigneur de Rebaix et pair de Hainaut, après la mort de son frère Thiéri, il ne fut jamais seigneur de Renaix comme l'ont écrit à maintes reprises des généalogistes sans connaissances historiques (4).

A cette époque, la suzeraineté sur le bourg de Renaix et sa banlieue était un objet de litige entre le comte Gui de Flandre et son neveu, le comte Jehan II de Hainaut. Les rois de France et d'Angleterre devinrent arbitres de ce différend et déléguèrent pour les représenter, l'un, Simon de Meleun, maréchal de France, l’autre, Joffrois de Genville, chevalier. Ceux-ci, à leur tour, chargèrent Jehan, seigneur de Le Hamedde, et Arnould, dit Briffaut, chevaliers, de lever en leurs noms et de garder comme séquestres, les profits ou impôts produits par la fête de Renaix qui devait se tenir à la Nativité de Saint Jean-Baptiste, jusqu'à, ce que le différend fut terminé (5).

Renaix, dont la vassalité fut disputée par les comtes de Flandre et de Hainaut, avait eu pour seigneur Gillekin de Rosnais, qui, en 1294, était  mineur sous la tutelle des sires de Trazegnies, de Waudripont et de Cordes, ses parents paternels, et de Jan Minne, Jan Li Grutres, Le Jeune, et Hues de Le Voulestrate, bourgeois de Gand, ses parents maternels. Or, la succession des père et mère de ce gentilhomme était tellement obérée que la vente seule de leurs terres pouvait en solder les dettes. C’est pourquoi les tuteurs, par une charte datée de la nuit de la Chandeleur 1293 (1294 n. st.), vendirent la seigneurie et justice de Renaix avec leurs dépendances à Jakemes de Donze, clerc et receveur du comte de Flandre, qui avait pour command le dit  comte stipulant pour son troisième fils. C'est ainsi  qu'au mois de mai 1294, Gui, dit de Richebourg, fils de Gui de Dampierre, fut adhérité des terres de Renaix, Ellezelles, Wodecq et dépendances, à la grande irritation du comte de Hainaut (6). Ce beau domaine seigneurial demeura propriété de la Maison de Dampierre-Flandre-Namur jusque vers 1402, car avant mars de la dite année (1403 n. st.), il fut acheté par Jehan V, sire de Le Hamaide, comme on le verra  plus loin. C'est donc à tort qu'on a donné cette seigneurie aux seigneurs Jehan I, II, III et IV de la Hamaide, qui vécurent au XIVe siècle.

Jehan I ne fut seigneur de Willems que pour une partie de cette paroisse, car en 1307, Bauduin de Calonne, dit de Scamaing, était bailli de la Dame de  Saint-Aubin, dame de Willems (7).

Jehan I fut aussi avoué de Saint-Sauveur. A ce propos, on lit dans le « Liber ruber », ce qui suit :

Au folio 47 (n° 42). « De la cognaissance dou Sgr de Le Hamaide pour les biens des bastards et autres Choses : Jou Jehans de Le Hamaide, chrs....... en le pourchaine Saint-Sauveur, (anno 1308 juillet). »

Folio 48 (n° 43). « De douze bonniers de terre donnés en fief ample à Mr de le Hamaide ; Jehan s. de le Hamaide. — Entre le moustier (l'église) et le bos de Diergnon. - 1308, juillet, au Castiel à Werchin. »

Folio 48 (n° 44). « De la rente de Rocourt donnée à Monsgr. Jehan de le Hamaide, sa vie durant » (8).

En 1315, l'hoir de Le Hamaide, c'est-à-dire le fils aîné et héritier féodal de Jehan I, était seigneur de Willems (9).

Jehan I paraît avoir eu pour femme, Marguerite DE HÉNIN-LIÉTARD (10), fille de Jehan de Hénin-Liétard, chevalier, seigneur de Boussu, lez-Saint-Ghislain, de Cuvillers, etc., pair du Cambraisis, et de Marie Bliaut, dame héritiere de Bliaugies ou de Bleaugies (11). Il fut père de deux enfants ;

1° JEHAN I DE LE HAMAIDE, qui suivra, VIII. (lire JEHAN II)

2° JEHANNE DE LE HAMAIDE, dame de la Motte (à Forest, en Hainaut), mariée avec Arnould DE HARCHIES, écuyer, seigneur du dit lieu, fils ou du moins héritier féodal de Guillaume de Harchies, écuyer sire de Harchies (12).

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Archives de la ville de Tournai. Greffe de la cité, Layette de 1278.
(2) Idem, ibidem, Layette de 1284.
(3) Cartulaire de l’abbaye de Cambron, tome II, p. 726.
(4) Annuaire de la Noblesse de Belgique pour 1874, ou tome 28, p. 148.
(5) Comte de Saint-Genois, Monuments anciens, t. I, 2e partie, âge DCCCLXXV (875). Charte datée du samedi avant la fête de la Nativité de Saint Jean-Baptiste. Ce jour fût le 21 juin 1298.
(6) Comte de Saint-Genois, Monuments anciens, t. I, 2e partie, p. DCCCXXIX (829).
(7) Archives de Tournai. Greffe de la cité. Layette de 1307. — C’était le fief du Fresnoy à Willems qu’eurent plus tard les de Lannoy, qui étaient à la Dame de Saint-Aubin (lez Douai, ou en Douai).
(8) Archives départementales du Nord. Fonds de Saint-Amand. Laber Ruber.
(9) Archives de Tournai. Greffe de la cité. Layette de 1315.
(10) DE HÉNIN-LIÉTARD : de gueules à la bande d’or.
(11) Annuaire de la Noblesse de Belgique, t. VI (1852, p. 61).
(12) Archives de Tournai. Greffe de la cité. Layette de 1280 et 1283. Accès où on lit, en 1280 : « Willame de Hcies, écuyer, et Hues d’Arbre » ; en 1283 : « Willaumes de Harcies, li sires de Harcies » ; en 1319 : « Ernous de Harcies ».

 

VIII. JEHAN II DE LE HAMAIDE, chevalier, seigneur de Willems avant 1315, comme on l'a vu plus haut, lorsqu'il n'était qu'écuyer, devint chevalier et sire de La Hamaide, de Renaix, pair de Hainaut et avoué de Saint-Sauveur avant 1333. En la dite année, le mardi avant le jour de la Madeleine (20 juillet), il fut présent à la vente de la terre de Baudour faite de Gérard de Jauche au comte Guillaume I de Hainaut (1). Jehan II figure parmi les chevaliers, hennuyers qui, en 1339, aidèrent le roi d'Angleterre, Edouard III, vicaire du Saint-Empire, à faire le siège de Cambrai. Peu après, il prit part à l'expédition du comte de Hainaut, Guillaume II, lorsque ce prince alla à Naves pour repousser les Français que, commandait le duc de Normandie, fils aîné du roi Philippe VI. Nous le retrouvons encore au siège de Tournai en 1340 et au sac de Saint-Amand-les-Eaux par le comte de Hainaut, qui fut un des épisodes de ce siège. Selon la généalogie publiée dans l'Annuaire de la Noblesse de Belgique pour 1874 (28e année), p.148, Jehan II serait Jehan III, car il aurait eu  pour père un Jehan de Le Hamaide mort en 1348, époux de N. de Wingles. Nous n'avons rien trouvé de cela dans les actes consultés. Jehan II mourut  vers 1370 et fut inhumé dans l'église de Le Hamaide où sa femme fut aussi enterrée (2). Il avait épousé  avant 1330, Jehane DE LIGNE, dite la Jeune, à cause d'une sœur aînée prénommée comme elle et qui fut mariée à Gérard d'Enghien, chevalier, seigneur de Havrech ou Havré, lez-Mons. C'était une fille de Fastred II, sire et baron de Ligne, etc., chevalier, maréchal de Hainaut et de Jehane de Condet-Moriamez (3). Leurs cinq enfants suivent :

1° JEHAN III DE LE HAMAIDE, qui suivra IX ;

2° ARNOULD DE LE HAMAIDE, écuyer, puis chevalier, est qualifié seigneur de Rebaix, pair de Hainaut et avoué de Saint-Sauveur avant 1374 (4. Noble homme Arnould de Le Hamaide, chevalier, avait une rente de 40 sols tournois sur une maison sise il Tournai en le Rihaigne et qui avait appartenu à N. h. Jehan de Lawart, chevalier, puis à Jacques Mouton, aussi chevalier, fils de feu Théry. Il vendit cette rente à Gilles de Ghistielle par acte du 31 janvier 1385, soit 1386 n. st. (5). Le 13 janvier 1390 (1391 n. st.), Arnould scella un acte concernant Jehan du Boz, dit de le Bouverie, dont la femme, Delle Marie du Bermez, venait de mourir et dont le plus prochain hoir était Delle Marguerite du Boz dit de le Bouverie, fille d'Estiévenart (6). On voit par les armes brisées d'un  besant posé sur le milieu de la première hamaide qui chargent son sceau, et qui se trouvent aussi sur un autre sceau qu'il mit à une charte en 1379, qu'il était un cadet (7). Il ne paraît pas avoir été marié.

3° MIQUIEL ou MICHEL DE LE HAMAIDE, écuyer, puis chevalier, était revêtu de ce dernier grade lorsqu'il accompagna Gautier, sire d'Enghien, dans l'expédition contre les Gantois, où ce jeune prince fut tué dans le mois de juillet 1381 (8). Le 20 avril 1384, Messires Michiel et Thierri de Le Hamaide, chevaliers bacheliers, servaient le duc de Bourgogne dans la compagnie de Messire Jehan de Ghistelles, chevalier, banneret, dont on fit la montre ou revue à Lille en Flandre, comme en fait foi le Registre aux Montres de la Chambre des Comptes de Bourgogne (9). Nobles  hommes Monseigneur Miquiel de le Hamedde (sic) et  Monseigneur Théri de Le Hamaide, son frère, figurent dans un acte passé en chirographe au greffe de l'Echevinage de Saint-Brice en Tournai, le 18 avril 1385 (10). — Michel est nommé en divers endroits des chroniques de Jehan Froissart sous le nom de Messire Mikieulx DE LE HAMAIDE. Ainsi dans le tome IX  de l'édition du baron Kervyn de Lettenhove, on le trouve aux pages 355, 369 et 435-36, où l'anecdote mérite d'être reproduite tout entière. Nous la donnerions ici, si nous l'avions sous la main.  Michel laissa un fils naturel. Selon ce que nous  rapportent des anciens crayons généalogiques, ce bâtard de Le Hamaide aurait été prénommé Thierri. Or, comme Jehan IV, sire de la Hamaide, tué en la bataille d'Azincourt, fut aussi père d'un bâtard du nom de Thierri qui périt avec lui, nous croyons plutôt que c'est à ce dernier qu'au bâtard de Michel qu'il faut attribuer l'origine des seigneurs de Chéreng et des de Le Hamaide des deux derniers siècles.

4° THIERRI de Le Hamaide, écuyer, puis chevalier,  fut seigneur de Vy ou Vicq (Nord), et ensuite de Frasne-sur-Escaut dit Fresnes, et par le testament de sa tante, Delle Catherine de Ligne, chanoinesse de Maubeuge, devint seigneur de Vieux-Condet dit Condet-Belœil, lez-Condet-sur-Escaut. Nous le trouvons d'abord sous le nom de Noble Théri de Le Hamaide, écuyer, fils de Monseigneur de Le Hamaide, dans un chirographe du greffe de Saint-Brice, daté du 12 octobre 1366. Le 12 mai 1371, Pierre Darras, cervoisier, était propriétaire du manoir dit « au Castiel de Rumegnies » (Rumillies) près de Tournai, qu'il avait acheté de Jehan de Cauchevacque, qui l'avait acquis de sire Jaquemes Thiébegot. Il le vendit, le dit jour, à Noble Théri de Le Hamaide, écuyer. Celui-ci revendit ce manoir par acte du 1er juillet 1373 à Jehan Crueuls, fils de Jehan. En 1376, le 14 décembre, une grande maison de pierres sise en le Rihaigne (rue Haigne) fut vendue à Thiéri de Le Hamaide, écuyer, seigneur de Vy, par Jehan Dierquesies (de Herquegies), fils de feu Jaquemon Dierquesies et de feu Lotte Days (d'Aix) (11).

Thierri fut l'un des chevaliers qui défendirent Audenarde contre les Gantois en 1379 (12). Nous l'avons vu figurer avec son frère Michel dans des actes de 1384 et 1385. Nous le trouvons encore mentionné dans une charte du greffe de Saint-Brice, datée du 25 novembre 1404, année où le 25 février (1403 vieux style), il avait été reçu bourgeois de Valenciennes (13).

Il ne se maria pas, mais eu deux filles naturelles de son amie Delle Marie Loinbaton, laquelle épousa avant 1405, Noble homme Jehan de Fanuwelz ou de Fanuwez, écuyer. — Les deux filles de Thierri sont :

    A. Marie de Le Hamaide.

    B. Marguerite de Le Hamaide épousa Thierri, seigneur d'Yve et de la Neufville, écuyer, dont les terres  étaient près de Fanuez.

5° JEHANNE de Le Hamaide mourut avant 1397. Elle avait épousé Hauwiel (Hoël) de Quiévrain, écuyer, seigneur de Fontenoi (14).

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Archives départementales du Nord, à Lille. Chambre des comptes. 2e cartulaire de Hainaut, folio 227.
(2) Bibliothèque Nationale de France à Paris. Manuscrits de Dom Caffiaux. Histoire généalogique de familles nobles de France, n° 1246, p. 961. — Manuscrit français 24020, fol. 26.
(3) C’est par l’alliance avec Condet-Moriamez que la maison DE LIGNE eut Bailleul en Hainaut, dit Beloeil.
(4) Comte de Saint-Genois. Monuments anciens, t. I, p. 968.
(5) Archives de Tournai. Greffe de Saint-Brice, Layette de 1385.
(6) Idem, Chartrier, Pièces scellées. — Il faut lire du Bermez et non de Vierves.
(7) J. Th. de Raadt. Les sceaux armoriés des Pays-Bas, t. II, p. 25. 
(8) Kervyn de Lettenhove. Histoire de Flandre.
Bruges, Beyaert-Defoort, 1874, t. II, p. 255.
(9) Bibliothèque Nationale de France. Cabinet des titres. Trésor généalogique de Dom Villevieille, vol. 45, article de La Hamaide.
(10) Archives de Tournai. Greffe de Saint-Brice, Layette de 1385..
(11) Archives de Tournai. Greffe de Saint-Brice, Layettes des années 1366, 71, 73 et 76.
(12) Froissart. Chroniques. Edition Kervyn, t. IX, pp. 199-200.
(13) Archives de Tournai. Greffe de Saint-Brice, Layettes de 1384, 85 et 1404. —  Archives de Valenciennes. Registres aux bourgeois.
(14) Fondations faites en 1379, 90 et 93 dans la chapelle de la Trinité à Condé-sur-Escaut.

 

 

IX. JEHAN III DE LE HAMAIDE, écuyer, puis chevalier, devint seigneur de La Hamaide, de Willems, etc., après ou en 1370. Il n'était que chevalier bachelier lorsqu'il fut reçu bourgeois de Tournai, le 11 juin 1350 (1). Du vivant de son père, il brisait ses armoiries d'un annelet posé sur la partie dextre de la première hamaide de son écusson. Son cimier était un chapeau de tournoi sommé de deux aiguières affrontées. C'est ce que porte le scel qu'il mit en 1363 à une quittance d'un paiement que lui fit la duchesse de Brabant (2). Le 28 février 1374 (75 n. st.), Jehan scella des pleines armes de sa famille au contrat de mariage de Guillaume, duc en Bavière, fils aîné du duc Aubert, régent de Hainaut, de Hollande et de Frise, avec la princesse Marie de France, fille du roi Charles V (3).
Lors des funérailles du comte de Flandre, Louis II, en janvier 1384 (85 n. st.), Jehan de le Hamaide et le châtelain de Furnes conduisirent le troisième destrier de tournoi (4).

Noble homme Mgr de le Hamaide, comme époux de Madame Marie de Wasiers, héritière en cette partie de feu N. h. Mgr de Vilers, releva la terre et pairie de Huluch, tenue du château de Lens selon le compte de François Demaisières pour l'année commencée à l'Ascension 1385 (5).

Mgr Jehan, seigneur de Le Hamaide, comme mari de Dame Marie de Wasiers se portant héritière du fief du Petit-Hulluch situé à Bruay, et d'un autre fief situé à Houdain, venus de la succession de feu Mgr de Villers, releva les dits fiefs tous deux tenus du château de Béthune, selon le compte de Simon Blassel commencé à l'Ascension 1385 (6).

Jehan III avait épousé vers 1364-65, Marie DE WAZIERS, de la Maison de Wavrin, dame héritière de Waziers, lez-Douai, de Hénin-Liétard en partie (8), de Hulluch, de Muerchin ou Meurchin à Quesnoy-sur-Deûle (7), etc., née vers 1349, morte en 1413, fille de Hellin VI de Wavrin, dit de Waziers (8), chevalier, seigneur de Waziers, de Heudincourt, de Comines,etc., et de Béatrix de Beauvoir,dite d'Avelus ou d'Aveluis, sa première femme (8).

Jehan III mourut la nuit du jour du Saint-Sacrement (1 juin) de l'année 1396, et sa femme convola vers 1398 avec Hugues de Malvoisin, dit Briffault de Sorel, écuyer, qui devint chevalier. Elle vécut assez pour voir la fin d'un procès que ses époux eurent à cause d'elle avec les religieux de Saint-Vaast d'Arras.

On lit dans le Cartulaire A des Archives de l'abbaye de Saint-Vaast, au folio 148 :
« L'an 1388 ou auparavant car cette année les parties mirent leur différend en arbitrage et les arbitres furent Hues de Quinghien, écuyer, Wauthier Hasterel, Jehan de Saint-Amand et Jehan de Vaulx, lesquels prononcèrent en faveur des religieux comme appert par la sentence de Ferri de Hangest, écuyer d'écurie du roi, et bailli d'Amiens du 1er de février 1409 (1410 n. st.), dans laquelle sentence est fait mention dudit Jehan, seigneur de la Hamaide lors mort, et de Marie de Waziers, sa veuve, et femme en secondes noces de Briffault de Sorel. De laquelle sentence ledit Briffault appella au nom de sa dite femme, mais cet appel fut infirmé par sentence du Parlement de Paris, le 9 mai 1411, vivant alors les dits Briffault de Sorel et Marie de Waziers » (10).

Voici le rapport et dénombrement du fief de Meurchin dont nous avons signalé l'existence dans une note au folio précédent :

« Chest le rappors et denombrement que nous Jehans, sires de le Hamede et de Willem faisons pour et a le cause de Marie de Waziers, dame des dis lieux, no chière et amée compaigne et espeuse d'un fief, justice et seignorie gisans en le parroche de Kesnoit sur le Deule et ès parties d'environ, appiellé le fief de Meurchin, lequel nous tenons à cause de no dicte espeuze de no très redoubté signeur no signeur le Duc de Bourghongne, comte de Flandres de par no très redoubtée Dame me dame la Ducesse de Bourghongne, comtesse de Flandres, s'espeuze, dou fief de Kesnoit sur le Deulle, liquels fief de Kesnoit se dépend de le Salle de Lille...etc...etc.

Item, que au dit nef de Muerchin a voec un aultre tenement que nous tenons de noble homme Parcheval de Lannoit, escuyer, de sen nef de le Moitrie que il tient dou dessus dit fief de Kesnoit a un bank deschevins qui se use de communs hommes et jugent pour cascun tenement en alant à cascun tenement, che qui li compete. Et pareillement se usent, li doy tenement de communs hommes de fief en alant à. cascun tenement che qui li compete. Sest li dis fiefs de Muerchin Heges, a justice de viescomt.e et à X livres de relief à le mort del hiretier...etc.
En tesmoing de che nous avons cest présent rapport scellé de nos propres seaulz, qui fu fais le darrain jour de septembre lan mil CCC IIII xx et noef  »  (11).

Le fief de Huluch, qui était une pairie, était tenu en partie, du château de Lens en Artois, et en partie, des religieux de Saint-Pierre du Mont-Blandin de Gand. Il fut relevé successivement en 1385 et 1399 par les deux époux de Marie de Waziers (12).

Simon de Cordes, mort en 1398 à Castres en Flandres (commune nommée aujourd'hui Caster) ; époux de Marguerite de Craye, vendit Cordes, Arcq et Ainières au seigneur de la Hamaide, mais son oncle, Gérard de Corde, put opérer le retrait lignager de Cordes (13).

C'est sous une haute tombe de marbre noir placée au centre d'une chapelle du côté gauche de l'église de La Hamaide, que Jehan III fut inhumé. Sa statue placée sur cette tombe le représentait armé de toutes pièces, la tête diadèmée de perles. Son casque gisait à ses pieds (14). Il avait pour ses huit quartiers de noblesse : DE LA HAMAIDE, d'Avesnes, DE HÉNIN-LIÉTARD, Bliaut de Bliaugies, DE LIGNE, van Sevenbergh, DE CONDET-MORIAMEZ, de Torote (ou de Thorotte).

Jehan III fut père de cinq enfants légitimes et d'une fille naturelle.

Les cinq enfants légitimes furent :

1° JEHAN IV DE LE HAMAIDE, qui suivra, X.

2° ERNOUL ou ARNOULD IV DE LE HAMAIDE, qui suivra, X bis.

3° MARGUERITE de Le Hamaide épousa Willaumes DE LALAING (15), sire de Hordaing et comme tel sénéchal d'Ostrevant après la mort de son frère Jehan arrivée en 1420, et aussi seigneur de Marès et de Fontaine-au-Bois. Willaumes mourut vers 1435. C'était le troisième fils de Simon I de Lalaing, chevalier, sire de Quiévrain, de Hordaing, etc., sénéchal d'Ostrevant, bailli de Hainaut, etc., et de Jehanne du Rœulx, dite d'Escaussinnes (16). — Jacqueline de Lalaing, l'une des filles de Marguerite de Le Hamaide, épousa Raoul de Créquy, seigneur de Vil1ers-au-Bocage (17) ;

4° JEHENNE de Le Hamaide épousa Gérard DE SIMOUSIES, écuyer (18), à moins que l'épouse dudit Gérard n'ait été la bâtarde portée au 6°.

5° N… de Le Hamaide, fille, ne se maria pas (18)

Fille naturelle :

6° Jehenne, bâtarde de Le Hamaide. — Le 29 juillet 1396, Nobles hommes Jehan, seigneur de le Hamedde, chevalier, et Ernouls de le Hamedde, frères, donnent douze bonniers de terre situés à Allaing-lez-Tournai, à Delle Jehenne de Le Hamedde, leur sœur inlégitime (19).

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Archives de Tournai. Cinquième registre de la loi, fol. 233, recto.
(2) Th. de Raadt . Les sceaux armoriés des Pays-Bas, t. II, p. 24.
(3) Douët d’Arcq. Collection des sceaux des archives de l’Empire français, tome 3, p. 326, N° 10411.
(4) Froissart. Chroniques (éd. Kervyn). T. X. p. 282.
(5) Archives départementales du Nord, à Lille. Chambre des comptes, Domaine de Lens.
(6) Idem, ibid., Domaine de Béthune.
(7) C’est la dite partie qui a constitué depuis, le fief de la Hamaide à Hénin-Liétard.
(8) Archives départementales du Nord, à Lille. Chambre des comptes. État général de Flandre, portefeuille n° 75. Parchemin original scellé sur simple queue, scel disparu. C'est le rapport et dénombrement du fief de Meurchin à Quesnoy-sur-Deûle fait le 30 septembre 1389 par Jehan de la Hamede, chevalier, sgr de le Hamede et de Willem, qui tenait ce fief à cause de sa femme.
(9) Bibl. Nat. de France. Cabinet des titres, n° 646 des volumes reliés, p. 1058-1059. — En 1321, Béatrix était héritière féodale de sa sœur Marie, dame de Huluch. — Souvenirs de la Flandre wallonne, t. XIX, première série, p. 136.
(10) Idem, ibid., Hues de Malvoisin testa en la ville de Saint-Quentin, le 23 septembre 1415. Dans son testament il se dit neveu du sire de Chin et de Busigny. Il était fils de Gérard de Malvoisin, chevalier, seigneur de Malvoisin, de Sorel, etc., et de Catherine de Chin, de la maison DE BERLAIMONT.
(11) Cette pièce d’archives prouve l’existence de Perceval de Lannoy, seigneur de la Motterie, à Leers, en 1389. Cétait, du reste, le quatrième fils de Marguerite de Maingoval.
(12) A. de Marquette. Cartulaire et abbesses de la Brayelle d’Annay. Lille, Lefebvre-Dubrocq, 1885, in-80, t. I, p. 323, en note.
(13) Bibl. Nat., à Paris. Dom Caffiaux, Manuscrit n° 1213, p. 2384 articles Cordes.
(14) Idem. Manuscrits français M.8236, p.120 - MS 24020, fol.25,verso.
(15) Bibl. de Tournai : Ms. CCXXI, petit cahier écrit au commencement du XVe siècle, avant 1420.
(16) F. Brassart. Le Blason de Lalaing, Douai, I., Crépin, 1879, In-80, p. 139.(3) J. Gaillard. Inscriptions funéraires et monumentales de la Flandre occidentale. Église Notre-Dame à Bruges, p. 458.
(17) Léopold Devillers. Cartulaire du comté de Hainaut, in-40, t. V, p. 397.
(18) L’ une de ces deux demoiselles, pourraient, d’après la chronologie être la femme de Thierri d’Yve, mais nous croyons fermement que cette femme fut fille naturelle de Thierri de Le Hamaide, chevalier seigneur de Vy, et de Marie Loinbaton.
(19) Arch. de Tournai. Greffe de St-Brice, Layette de 1396.

 

X. JEHAN IV DE LE HAMAIDE, sire de Le Hamaide, de Willems, de Villers (1), de Hulluch, de la partie de Hénin-Liétard, dit fief de le Hamaide, etc., acheta Renaix, Hoorebeke et Ellezelles, que lui vendit Jehan de Flandre-Dampierre, dit de Namur, chevalier, comme le prouvent des lettres des 7 et 29 avril 1402, par lesquelles Philippe, duc de Bourgogne, considérant que Jean de Namur, chevalier, propriétaire des seigneuries de Renaix, de Hoorebeke, de Ellezelles et d'Acren, a vendu au sire de Lahamaide, les trois premières de ces seigneuries, se réservant celle d'Acren, adhérite ledit sire de Lahamaide des trois villes précitées et consent à ce que la seigneurie d'Acren en soit éclissée (2).

Noble homme Mgr Jehan de Le Hamaide, chevalier, releva comme héritier de feu son père un fief situé à Hennin (Liétard), que son dit père avait acquis de Mgr de Noyelle, selon le septième compte de Robert Boistel pour l'année 1396 commencée a l'Ascension (3).

Le 16 avril 1397 (98 n. st.), Jehan, sire de Le Hamaide et de Willems, jura sa bourgeoisie de Tournai pour « nient » et par grâce pour considération de ce que ses prédécesseurs ont été bourgeois de la dite ville (4).

Lorsqu'en août et septembre 1398, il accompagna le comte d'Ostrevant à la guerre de Frise, le sire de La Hamaide fournit six chevaliers et son corps de troupe comprenait en tout quarante-six lances (5).

En 1400, Jehan, seigneur de le Hamaide et de Willems, tenait à cause de sa mère, Marie, dame de Waziers, le fief de Meurchin situé au Quesnoy-sur-Deulle, duquel sont tenus des fiefs par Bernard de Landas, fils de Delle Jehanne ; Jehan du Quesnoy ; Pierre Le Roy à cause de Catherine du Quesnoy, sa femme. Ce fief de Meurchin relevait de la Salle de Lille. Pour la même cause, Jehan tenait un autre fief de N. h. Jehan dit Percheval de Lannoy, écuyer, fief tenu de la seigneurie de le Moituerie, tenue du Quesnoy-sur-Deulle (6).

En 1410, le 15 septembre, à Paris, Mgr de Le Hamaide, chevalier banneret, fit montre (revue) de Messire Ernoul, son frère, Messire Mikiel de Casteller (du Chasteler) et cinq autres chevaliers bacheliers, de soixante-quatre écuyers, de douze arbalétriers à cheval et de soixante-douze archers de sa compagnie, qu'il amenait au service du roi par ordre du duc de Bourgogne (7). Un peu plus tard étant qualifié seigneur de La Hamaide, de Renaix, de Condet, etc., et chambellan du duc de Bourgogne, il amena à Paris 120 hommes d'armes et 160 archers, et le duc pour le récompenser lui donna mille livres par lettres datées de Paris, le 7 novembre 1410 (8). En 1411, Jehan IV fit reconstruire le château de Condet-Bailleul ou de Vieux-Condet.

A la fin de l'année 1413, Esteve de Soubrechies comme procureur de Noble et puissant seigneur Jehan, seigneur de Le Hamaide, héritier de feu Noble Dame Madame Marie de Wasiers, sa mère, releva un fief tenu du château de Bapaulmes et situé à la Busquière, selon le compte de Jehan de Dievat (Diéval) commencé le 17 juillet 1413 (9).

Le 4 mai 1415, Jehan IV scella une charte. Son écu est aux armes pleines. Il est timbré d'un casque couronné ayant pour cimier deux aiguières affrontées. L’écu est supporté par deux léopards lionnés et le timbre est soutenu par deux anges volants (10).

Jehan IV mourut à la bataille d'Azincourt, le 25 octobre 1415.

Il avait épousé en 1397, Anne DE JAUCHE, dame de Gommegnies, Beuvrages, etc., veuve de Jehan d'Esne (11), avec enfants (12). Cette dame, qui mourut le 6 janvier 1417 (1418 n. st.), gît dans l'église de Condet-sur-Escaut. Elle était fille de Jehan de Jauche, chevalier, seigneur de Gommegnies, de Beuvrage, etc., et de Barbe van Haverskerke, dite de Raches.

C'est par erreur que des généalogistes ont donné le nom de Jehane de Haynin, dame de Biez, à la mère d'Anne de Jauche (13).

Jehan IV ne laissa pas de postérité légitime, mais ses deux fils naturels suivent :

1° Thierri, bâtard DE LE HAMAIDE, périt à la bataille d'Azincourt. Il suivra, XI, en tête de la branche bâtarde des seigneurs de Chéreng ;

2° Jehan, bâtard DE LE HAMAIDE, écuyer, mort à Condet, le 3 novembre 1472, épousa en juin 1469, Isabeau SEJOURNET (14), veuve de Nicaise Cousin (de Valenciennes), née au manoir de Béthinsart à Ormeignies, le 12 décembre 1438, morte à Condet à la fin d'août 1473, y enterrée dans l'église près de son second mari. Elle était le quatorzième enfant de Jean II Sejournet, seigneur de Béthinsart, etc., et de Marguerite Partit. Isabelle Sejournet testa à Condet le 18 août 1473. Elle était sœur de Jaspart Sejournet et de Catherine Sejournet, religieuse à l'abbaye de Fontenelle, lez-Valenciennes. Parmi ses légataires figurent, outre son frère et sa sœur, Hector de Le Hamaide, prêtre, et une fille naturelle de son mari, Angniès de Le Hamaide, femme d'Anthoine Leleu. Ses exécuteurs testamentaires furent Jacques Sejournet, Jaspart Sejournet, Pierre de Canteraine et Jehan de Monrobert. Elle donna à l'abbaye de Fontenelle « ung hanap d'argent qui est armoïet des armes des Sejournet ».

Jehan laissa deux enfants :

Une fille légitime :

    A) Isabelle DE LE HAMAIDE, née à Condet, le 18 octobre 1469, y épousa en 1485, au mois de novembre Ustas (Eustache) DE LE HOVE (ou VAN DEN HOVE, écuyer) (15).

Une fille naturelle :

    B) Angniès DE LE HAMAIDE, mariée avant août 1473, avec Anthoine LE LEU ou LE LEUP (16).

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) L’ un des Villers du Pas de Calais.
(2) Arch. dép. du Nord. Chambre des comptes, Lille, B. 1345. — Inventaire sommaire : 1906, série B, t. I, 2e partie, p. 392.
(3) Id., ibid., Domaine de Lens.
(4) Arch. de Tournai. Huitième registre de la Loi, fol. 12, perso.
(5) Froissart. Chroniques, édit. Kervyn, notes du t. XVI. p. 309.
(6) Arch. dép. du Nord, à Lille. Chambre des comptes. État général de Flandre, Portefeuille n° 75.
(7) Chambre des comptes de Bourgogne. Registres aux montres ou revues des gens de guerre, à la date indiquée.
(8) Idem, ibidem.
(9) Arch. dép. du Nord, à Lille. Chambre des comptes de Lille, Domaine de Bapaulmes.
(10) J. Th. de Raadt. Les sceaux armoriés des Pays-Bas, t. 2, p. 25.
(11) Voilà pourquoi Gommegnies appartient à la Maison d’ESNE.
(12) Le fils ainé d’Anne de Jauche fut Amé d’Esne, chevalier, seigneur d’Esne, Cauroir, Ferrière, Jollain, Gommegnies, etc., pair de Cambrésis ; le fils cadet fut Jehan d’Esne, dit Mansart, chevalier, seigneur dans Esme, Cauroir, Gommegnies et Sareton, qui épousa Marie de Hames, fille de Robert IV, seigneur de Hames, Sangatte, Bondues, Hingettes, Béthencourt, etc., tué à Azincourt le 25 oct. 1415, étant conseiller et chambellan du Roi, et de Guillemette de Mailly, dame d’Audinfer, etc.
(13) Bibl. Nat. de France. Dom Caffiaux. Manuscrit 1246. Généalogies de familles de France avant 1400. — Ms. Français 24020, fol. 8, verso. Les portraits d’Anne de Jauche et de son second mari, le sire de La Hamaide, forment les nos 220 et 221 du recueil 944.20, de la Bibliothèque d’Arras.
(14) Comte de Saint-Genois, Monuments anciens, t. I, partie II, p. 911, col. I.
(15) Archives de la famille Sejournet. Livre de raison (original) de cette famille.
(16) Bulletin du cercle généalogique de Mons, 4e série, p. 433.

 

Xbis. ARNOULD IV DE LE HAMAIDE, chevalier, seigneur de Rebais, pair de Hainaut, avoué de Saint-Sauveur, etc., devint après octobre 1415, seigneur de La Hamaide, Renaix, Condet (en partie), Fresne-sur-l'Escaut (en partie), Mainwault, Wannebecq, Hion, Neuville-en-Bourjonval (1), etc.; il fut avec son frère Jehan IV à Paris pour servir le roi de France et le duc de Bourgogne, comme on l'a vu plus haut à l'article de Jehan IV, degré X.

Voici quelques extraits d'actes qui le concernent :

1410. Ernoul de Le Hamaide, chevalier, seigneur de Rebais, tenait la moitié de Frasne-lès-Condet et Messire Thomas de Lille, chevalier, l'autre moitié en fief de Guillaume, duc en Bavière, comte de Hainaut, à la Prévôté de Valenciennes. On lit à l'apostille que Jacques de Le Hamaide, son fils, le releva, puis que ce fief fut relevé par Ernoul, frère et héritier de Jacques (2).

Sous la Prévôté de Mons, Ernoul tenait du même prince, la terre de Hion (3).

1415. Mgr Ernoul de Le Hamede, chevalier, à cause de la succession de feu Mgr Jehan, seigneur de Le Hamede, son frère, releva trois fiefs tenus du château de Lens en Artois, sa voir la terre et pairie de Hulluch et deux fiefs à Henin(-Liétard), selon le compte de Hue L'Orfèvre, commencé le jour de l'Ascension 1415 (4).

Encore en 1415, il releva de la succession de son frère aîné, un fief du château de Bapaulmes situé à Langnicourt, selon le compte de Jehan de Diévat, commencé le 17 juillet 1415 (5).

En 1417, Arnould portait sur son scel, un écu à la hamaide de trois pièces, penché, timbré d'un heaume couronné, cimé de deux buires et supporté par deux lions (léopards lionnés). Légende : S. ERNOUL DE LE HAMAIDE, SEIGNEUR DE REBAIS (6).

Ernoul de le Hamaide eut pour bailli de Hulluch en 1425, Jaquemes de Raisse, qui était en 1435, bailli du fief de la Hamaide en Hénin-Liétard. Ce personnage. portait sur son sceau un écu à la fasce (Haverskerke) accompagnée d'une étoile au bas du canton dextre. du chef, au sautoir brochant sur le tout. Cela prouve qu'il était un van Haverskerke dit de Raches (7).

Arnould IV mourut le 13 novembre 1426 et fut inhumé dans l'église de Lahamaide où au côté gauche du chœur, on lisait cette épitaphe :

CHY GIST HAULT ET NOBLE ERNOULS QUI FUT Sr DE LE HAMAlDE ET DE REBAIS, Sr DE CONDET ET DE
RENAIS, CHR.; QUI TRESPASSA DE VIE DE CORPS LE XIIIe JOURS DE NOVEMBRE EN LAN MIL IIIIe XXVI.

PRIEZ DIEU QUE LAME LUY SOIT MISERICORS (8).

Il avait épousé Isabelle D'ENGHIEN dite de Faignoelles dame de Préaux, de Hussignies, etc., fille de Jacques d'Enghien, chevalier, seigneur de Faignoelles (ou Fagnolles), de Braine l'Alleud, de Plancenoit, etc., et de Marie de Roucy, fille de Simon, comte de Roucy, et de Braine, et de Marie de Châtillon (sur Marne). Devenue veuve, Isabelle convola avant juillet 1428 avec Jacques DE BOURBON, chevalier, seigneur et baron de Thury et des fiefs de Constantin (Cotentin?),seigneur de Combles et de Puiseux en Artois. (Jadis archidiacre et trésorier de la Sainte-Chapelle de Paris en 1403, doïen de St-Martin de Tours, archidiacre de Sens, qui abandonna ses bénéfices ecclésiastiques pour se marier en automne 1417 avec Jeanne DE MONTAGU, troisième fille du Seigneur de Marcousis grand maître de France, et de Jacqueline de la Grange. Il la perdit en septembre 1420, alors qu'elle n'avait que 23 ans. Alors il guerroya. contre les Anglais, puis se fit religieux célestin à Ambert dans la Forêt d'Orléans en novembre 1421, puis devint cordelier, abandonna les ordres pour se remarier et fut tué en revenant de Rome vers 1429.)

C'était un fils de Jacques de Bourbon, chevalier seigneur de Dargies, etc., et de Marguerite de Préaux ou de Prayaulx, dame du dit lieu, Dangu, Thury, etc., fille de Pierre, seigneur de prayaulx, et de Blanche Crespin, .dame de Dangu, Thury, etc.

« Jacques de Raisse, bailli de Huluch pour très haut et puisant seigneur Monsr Jacques de Bourbon, seigneur de prayaulx, aïans, à cause de Madame de Le Hamaide, sa femme, l'administration et gouvernement des fiefs, terres, possessions et seigneuries de Jacques de Le Hamaide, aisné filz de feu Monsr Ernoul, à son vivant seigneur de La Hamaide, et de la dite Dame ».

Telle est une partie du libellé d'une charte du 19 octobre 1429 (9).

Arnould IV laissa cinq enfants légitimes et beaucoup de bâtards dont quatre nous sont connus. Tous suivent :

Enfants légitimes :

1° JACQUES DE LE HAMAIDE, qui suivra, XI.

2° ARNOULD V DE LE HAMAIDE, qui suivra XI bis.

3° MARIE DE LE HAMAIDE, dame de Waziers, dont les descendants héritèrent de la Hamaide, de Rebaix, de l'Avouerie de Saint-Sauveur, mourut le 5 juin 1463. Elle eut pour époux Gérard DE BERLAIMONT, chevalier, seigneur de Ville, Hautrages, Pommerœul, Vierves, Mastaing, etc., mort le 25 octobre 1473, fils de Gérard de Berlaimont, chevalier, seigneur de Ville, etc., et de Marie van Rotselaer (10). Leur fille, Marie de Berlaimont de Ville, épousa Jacques de Luxembourg, chevalier, seigneur de Fiennes, de Gavre, etc., chevalier de la Toison d'or, mort en 1517, inhumé à Sotteghem, fils de Thibaut de Luxembourg, chevalier, seigneur de Fiennes, etc., et de Phelippa de Meleun, dame de Sotteghem.

4° ISABELLE de Le Hamaide, dame de Le Hamaide en 1484 après la mort de son frère Jacques. Ce doit être elle qui vendit Willems à Jehan de Lannoy, chevalier, seigneur de Rumes, etc. Elle ne prit pas d'alliance.

5° JEHANNE de Le Hamaide.

Enfants naturels :

6° GUILLAUME de Le Hamaide, né de Delle Jehanne de le Tenre. Il mourut jeune et avant 1409. Colle Cauchi, de Lingne (Ligne), veuve de Jehan de Bonnaing, eut rémission de la mort de Guillaume de Le Hamede, fils bâtard de Messire Arnoul de Le Hamede, chevalier, et de Damoiselle Jehanne de le Tenre, en l'an 1409 (11).

7° JEHAN, bâtard de Le Hamaide, surnommé l'aisné à cause de son neveu bâtard du même prénom, assista en 1454 au contrat de mariage de son frère légitime Arnould V. C'est l'auteur des seigneurs de Lussegnies à Frasnes, lez-Buissenal.

8° MICHEL, bâtard de Le Hamaide, écuyer, mourut à Bruges selon une ancienne généalogie de la Maison de La Hamaide (12).

9° COLLART ou NICOLAS, bâtard de Le Hamaide, écuyer, reçut du Duc de Bourgogne, Philippe, dit depuis le Bon, des droits seigneuriaux dûs sur le fief de Beaufort en la châtellenie de Bouchain, par lettres du 24 août 1427 (13). Il épousa avant 1439, Isabeau DE MONCHIAUS (Monceau), veuve de Henri de Senzeilles, écuyer, en son vivant seigneur de Merbes-Sainte-Marie, et fille naturelle de Gui de Monchiaus, chevalier, seigneur du dit lieu en Hainaut (14). Cela est prouvé par des actes en chirographes de la cour féodale de Hainaut. — Colart de Le Hamaide eut procès contre Jehan Hocquet demeurant au Grand-Wargni (15). Sa femme devenue veuve eut vers 1449-50, un procès contre Jehan Moriau, détailleur de draps (16).

On lit dans le Cartulaire des fiefs tenus du comté de Hainaut en 1410, renouvelé en 1473, ce qui suit :
Châtellenie de Bouchain, folio 4, recto, 23°. Fief à Bouchain, tenu par Hues de Bliqui, chevalier. Apostille : Colars, bastard de le Hamaide le tient. Messire Jehan du Casteler, sgr de Bielaing, a acquit du dit Colart. — 49°. Fief à Bouchain, tenu par Jehan, bastard de Monchiaux. Apostille : Colard de Le Hamaide, bastard, en est hiretier à cause de sa femme. — Folio 12 recto. Même châtellenie. Fief à Beaufort, tenu par la Dame veuve de Messire Regnault Thirout (Thurut), sgr. de Bellaing, lequel fief fut éclissé du fief qui fut à Colart, bastard de Le Hamaide et de puis à Jacques, son fils (17).

Colart eut donc un fils prénommé Jacques dont le sort est inconnu.

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Fief tenu du château de Bapaulmes.
(2) Archives de l’État à Mons. Greffe féodal. Cartulaire des fiefs tenus du comté de Hainaut de 1410 à 1473, p.26.
(3) Id., ibid., p.31.
(4) Arch. dép. du Nord. Chambre des comptes de Lille. Domaine de Lens.
(5) Id., ibid., Domaine de Bapaulmes.
(6) G. Demay. Inventaire des sceaux de la Flandre, t. I, n° 1002.
(7) G. Demay. Inventaire des sceaux de l’Artois, n° 1468.
(8) Bibl. Nat. de France, à Paris, Manuscrit 24020, épitaphes de Flandre, fol. 26, verso.
(9) Arch. dép. du Nord. B. 1605. 10e Reg. des Chartes 1434-1442, fol. IICIIIJXXIX.  —  Conférez : Inventaire sommaire, t. II, p. 160, col. 2.
(10) Annales du cercle archéologique de Mons, t. XXIV, p. 186.
(11) Archives de l’Hôtel de ville de Valenciennes. Registre aux bourgeois de 1400.
(12) Bibl. Nat. de France. Volumes reliés, n° 643, p. 632.
(13) L. Devillers. Cartulaire des comtes de Hainaut, 1337-1436, t. V, p. 435.
(14) Annales du cercle archéologique de Mons, t. XXX, p. 271.
(15) Arch. dép. du Nord. Chambre des comptes. Comptes de la Prévôté le Comte de Valenciennes 1446, 31 déc. 1447, 1er janvier 1448 n. st., fol. 8, recto.
(16) Id., ibid., Compte de 1449, 31 déc. à 1450, 1er janvier 1451 n. st. fol. 6, verso.
(17) Arch. de l’État à Mons. Cartulaire des fiefs tenus du comté de Hainaut. Châtellenie de Bouchain, p. 78, fief n° 49 du cartulaire de 1410 et du cartulaire renouvelé  en 1474, fol. 12, recto, fief n° 17.

 
 

 
 

 

 
 

        

XI. JACQUES DE LE HAMAIDE, écuyer, puis chevalier avant 1450, fut seigneur de La Hamaide, Willems-Hulluch. Neufville en Bourjonval, Hoorebeke, Ellezelles, Virchouries (à Hantay-en-Weppes), Arcq et Ainières, Rebaix, pair de Hainaut, etc. Il avait en 1435, un sceau où les armes étaient soutenues par la main droite d'une dame debout, en robe à larges-manches et coiffée d'un chaperon, laquelle de sa main gauche soutenait un heaume couronné cime de deux buires (aiguières ou pignates) adossées (1). Jacques est nommé comme fils aîné d'Arnould IV dans un acte passé au greffe de St-Brice en Tournai, daté de 1446 (2). Ce chevalier mériterait une longue biographie. Il prit part à toutes les guerres qu'eut à soutenir le Duc de Bourgogne pendant plus d'un quart de siècle (3).

En 1410, Jehan d'Enghien, chevalier, seigneur de Faignoelles, de Villers, etc., avoue tenir du comte de Hainaut, le fief d'Oumegnies à Jourbise (Jurbise) sous la prévôté de Mons. — On lit à l'apostille que Jacques, seigneur de La Hamaide, en fut héritier. Jacques fut aussi héritier du fief de Hion, que son père tenait du comte de Hainaut  sous la même prévôté, puis ce fief passa à son frère Ernoul (4). Le 30 mai 1432, une charte fut passée à Ainières en l'hôtel de Jorge de Cordes (5) par laquelle, Hostes de Cordes, fils du dit Jorge et de feu Delle Jehane Gobierde (Gobert), sa première femme, céda à sa soeur germaine, Delle Jehanne de Cordes, un pré d'un bonnier, fief ample dénommé fief de Hellibus, tenu du sire de Rebaix et d'Anières et situé dans les prés de Ronneville à Anières. Cette charte eut pour témoins les hommes de fief de Rebaix  qui suivent : Bauduin le Flamene, dit le Chevaul, bailli de Messire Jacques de Le Hamaide, seigneur du dit lieu, de Rebaix et de Renaix ; Jehan de Durmez ; Gilles de Le Cappielle (6) ; Hostes de Cordes dit de Maubrai ; Piérart de Le Courbe ; Jehan Le Rapoyet et Jehan de Le Guste. — On lit dans cet acte que Hostes de Cordes demeurait habituellement au « Chastiel de Le Hamaide » (7).

Le 20 janvier 1469, il y avait procès entre Georges de Cordes, seigneur de Maubray (à Arcq-Ainières) et de Popuelles, et Messire Jacques de Le Hamaide, de qui il tenait la dite seigneurie de Maubray (8).

Jacques de La Hamaide ne prit pas d'alliance et mourut très âgé vers 1483-84. Son hoir féodal fut sa soeur Isabelle de La Hamaide qui se hâta de rétrocéder ce vaste héritage à son neveu Arnould VI de La Hamaide, écuyer, seigneur de Condet (9).

Nous connaissons à Jacques, un fils naturel, savoir :

Jehan DE LE HAMAIDE, écuyer, dénomme, dans sa jeunesse Hannotin et plus tard Jehan dit le Jeune, bâtard de La Hamaide, à cause de son oncle le bâtard Jehan, dit l'aîné, fils d'Arnould IV, fut seigneur à Landenbourg, près Renaix.

Parmi les fiefs tenus delà Baronnie d'Antoing, on comptait :

« Fief à Frasne et Diergnal (Dergneau), tenu par Jacques de Quinghien,  dit de Hem, avec toute justice haute, moyenne et basse, tant sur les terres  et possessions de l'Église de Liessies audit Frasne que sur le fief de Le Val appartenant à Ricouart de Buillemont en icelle ville, aussi sur tous ceux qui doivent rentes ou terrages audit Arnoul du Chasteler, et pareillement sur tous ceux qui doivent rentes aux  chanoines d'Antoing en la ville de Frasnes, dont un fief à Anvaing en toute justice, tenu par Messire Jacques, seigneur de Le Hamaide et le fief de Landebroucq, tenu par Jehan, bâtard dudit seigneur de Le Hamaide » (10).

En septembre 1472, Jehan de Le Hamaide, écuyer, était marié avec Magdeleine DU HEM, fille d'Evrard du Hem, écuyer, et de Jacque(line) Le Chièvre. Le dit Evrard étant fils de Jehan du Hem et de Marguerite Pourchel, dame de Frémicourt, et Jacqueline Le Chièvre étant fille de Jehan Le Chièvre, écuyer, et de Pierronne de Hellin. Les du Hem étaient issus d'une branche cadette de la Maison des châtelaine de Douai (11). Nous n'avons pas la suite des seigneurs de Landenbourg.

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) G. Demay. Inventaire des Sceaux de l’Artois, p. 44, n° 387.
(2) Arch. de Tournai. Greffe de Saint-Brice, Layette de 1446.
(3) Voyez : Chroniques de Mathieu d’Escouchy, Jacques du Clercq, Georges Chastellain, Olivier de La Marche, etc.
(4) Archives de l'État à Mons. Greffe féodal. Cartulaire des fiefs tenus du comté de Hainaut en 1410 et 1473, p. 26 pour Oumegnies et p. 31 pour Hion.
(5) Jorge ou Georges de Cordes demeurait souvent à Caster en Flandre, Châtellenie de Courtrai.
(6) C’est Gilles de Cordes, dit de La Chapelle en Arcq-Ainières.
(7) Arch. de Tournai. Chartrier.
(8) Bibl. Nat. de France. Cabinet des titres. Dom Caffiaux. Extraits d’Archives, vol. 1235, fol. 113, verso.
(9) Ernest Matthieu. La Pairie de Silly et ses fiefs. Louvain, Lefever, 1891, in-80. Extrait des annales du cercle archéologique d’Enghien
(10) Bibl.. Nat. de France. Dom Caffiaux, Ms. 1240, fol. 49. Extrait du Cartulaire de fiefs tenus du comté de Hainaut en 1473. —  Arch. Départ. du Nord. Chambre des Comptes. Compte de la Prévôsté-le-Comte de Valenciennes, 1470, 1er octobre à 1er 1471 « De Jehan, bastart de Le Hamaide pour estre payé des remanant Colart Galyen, de xxxij livres tournois : 1xxxij sols ». Cela est au folio 10, verso.
(11) Ils étaient seigneurs d’Auby, en partie. En 1467, Mgr Percheval de Belleforière, chevalier, seigneur dudit lieu et d’Yttre ; Jehan Picquette, écuyer ; Mgr Jacques, seigneur de La Hamaide et Mgr Gérard du Hem, chevalier, religieux de Saint-Jean de Jérusalem, prieur de Champagne, tuteurs et curateurs de Robinet du Hem, fils mineur de feu Evrard du Hem et de Delle Jaque Le Chievre et héritière de feu Anthoine du Hem, son frère, relevèrent une partie de la terre d’Auby, tenu du château de Lens, selon le compte de Haut et noble seigneur Philippe de Bourbon, bailli de Lens, commencé le 18 mars 1467 (68 n st.) et fini le 23 septembre 1469 —  Arch. Dép. du Nord à Lille. Chambre des Comptes. Domaine de Lens. — F. Brassat. Histoire du Château et de la Châtellenie de Douai, t. II, p.649. —  Ernest Matthieu. La pairie de Silly, p.71.
 

 

XIbis. ARNOULD V DE LE HAMAIDE, chevalier, seigneur de Condet (en partie), de Préaux, de Hussignies, de Hion, de Fresnes, lez-Condet (en partie), de Vy (ou Vicq), de Warelles, lez-Harveng en Hainaut, de Warelles, non loin de Chièvres, de Neuvesmaisons, paraît avoir obtenu Hion de la générosité de son frère Jacques. Voici un extrait d'un Registre des Mortemains du Hainaut concernant Condé : « En cette ville mondit seigneur le Comte n'a que la poursuite de ses serfs aussi le catel de ceux qui sont des issues, des Estines, de Ploych, du Cens Saint-Jehan, du cens St Saulve et de l'estaple le Comte, car le seigneur de Leuze et Monsieur Arnoul de l'Hamaide qui en ont par indivis la haute justice y ont et doivent avoir toutes successions de bastards et aubains » (1). 

Le 24 juillet 1453, à l'occasion de la bataille de Gand,le seigneur de Condey (2), le seigneur de Ville (Berlaimont) et le seigneur d'Estaimbourg (Ollehain), furent créés chevaliers bannerets (3).

Arnould V épousa par contrat passé au château de Feluy, le 12 janvier 1454 (n. st.), Isabelle de Bousies, fille d'Eustache de Bousies, chevalier, seigneur de Vertaing en Cambrésis , de Feluy, de Romeries, de Hériamont, etc., et d'Isabelle ou Elisabeth van der Lecke, dite de Polanen (4). Il mourut avant 1473.

Arnould fut père de trois enfants légitimes et de deux fils naturels. Ils suivent :

Enfants légitimes :

1° ARNOULD VI DE LE HAMAIDE, qui suivra, XII ;
2° MICHEL DE LE HAMAIDE, qui suivra XIIbis ;
ISABELLE DE LE HAMAIDE, qui suivra, XIIter;

Enfants naturels :

ERNOULET OU ARNOULD de Le Hamaide, dit le Bâtard de Condet, fut exécuté à Bruges en juin ou juillet 1468, ayant environ 24 ans. Il avait commis un meurtre à Condet dans un mouvement de colère (5).

JAQUET OU JACQUES de Le Hamaide, écuyer, dit le bâtard de Condet, vivant en 1470 (6), est cité parmi les fieffés de la pairie de Silly (7). Il est nommé comme l'est son cousin Jehan, bâtard de Le Hamaide, dans un Compte de la Prévôté le Comte de Valenciennes (8).

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Bibl. Nat. de France, à Paris. Collection Colbert, Flandres, vol. 76, fol. 61. — Mortemains de Hainaut en 1460.
(2) Condey pour Condet ou Condé sur Escaut.
(3) Mathieu d’Escouchy, Chronique. Editions de la Société d’Histoire de France donnée par G. du Fresnes de Beaucourt, t.III, pp. 424-425.
(4) F. V. Goethals. Archéologie des familles, in-42, p. 18.Elisabeth de La Lecke est prénommée Alix par certains généalogistes et Elsbène par Goethals. Dumont en ses Fragments généalogiques, Gand. Duquesne, 1862, in-80, t.III, p. 31, fait épouser Isabelle de Bousies par son gendre le Comte Jean d’Œtonghen.
(5) Georges Chastellain. Chroniques, Edition Buchon, p. 459 et suivantes.
(6) Consaux de Tournai où Jacques est dit : « Le bastrard de Condet ».
(7) Ernest Matthieu. La pairie de Silly, p.25.
(8) Arch. dép. du Nord. Chambre des Comptes. Compte de la Prévôté le Comte de Valenciennes, 1486-1487, 1er octobre « De Jaques, bastart de Condé , sur Jehan Raveston, tavernier, demeurant à Tyvechelle (Thyvencelles) pour estre payé de iiij livres ».

 

XII. ARNOULD VI DE LE HAMAIDE, écuyer seigneur de Condet, Hion, Renaix, Ellezelles, Wodecq, Willems, etc. n'avait en Condet en réalité que la partie dite Vieux-Condet ou fief de Bailleul, près de l'Église. En 1473, le seigneur de Condet était Hugues de Lalaing et le château de Condet était possédé viagèrement par Messire Antoine de Croy, comte de Porcien (1).

Le fief de Warelles près Harveng en Hainaut, tenu du château d'Enghien et un autre fief de Warelles, tenu en arrière fief de Louvegnies, de la pairie de Chièvres, appartenaient au même Arnoul de Le Hamaide(2). Celui-ci tenait aussi le quart du Bois de Condet au lieu du seigneur de Prouvy, de la seigneurie d’Irchonwelz que Messire Jehan de Hamal, dit d'Odeur (Elderen), chevalier, avoue  tenir de  la châtellenie d'Ath (3). Le même Ernoul de Le Hamaide, seigneur de Condé, écuyer, avoue tenir en fief du duc de Bourgogne, comme Comte de Hainaut, sous la Prévôté de Mons sa terre et seigneurie de Hion, de laquelle sont tenus des fiefs par Delle Waudru Hannekarde (Hannecart), veuve de Godefroy de Barbenchon, dit de Donstevene (Donstiennes), par Raoussin, fils de Raoul de Bruxelles, demeurant à Mons, et Delle Marguerite de Marage, veuve de Jehan de Thesoul, dit Bissol (4). Arnould VI mourut vers la fin de l'année 1484. Il avait épousé Jehanne de Lille, dame de Fresnes-sur-l'Escaut, près Condé, fille de Messire Jacques de Lille, chevalier, seigneur du dit Fresnes, de Grœulzin, etc. et de Catherine de Neufville(5). Il n'en eut pas d'enfants et elle convola avec Jehan de Bourbon, chevalier, seigneur de Rochefort et d'Arson, second fils de Jacques de Bourbon, chevalier, seigneur d'Aubigny, Rochefort, Bucquoi, Carency, etc., lieutenant-général de Jehan II, duc de Bourbon, dans le Bourbonnais et dans la charge de Connétable de France, capitaine et gouverneur du comté de Clermont, etc., et d'Antoinette de la Tour d'Oliergues, de la Maison de la Tour d'Auvergne (6).

²²²²²²²²²²²²²²²²²

(1) Dom. Caffiaux. Manuscrit N° 1240 du cabinet des titres à la Bibliothèque Nationale de France. Extraits du Cartulaire des fiefs tenus du comté de Hainaut en 1473. Archives de l’Etat à Mons.
(2) Comte de Saint-Genois. Monuments anciens, t. I, p. 19 et 26. Cartulaire des fiefs du Hainaut, 2e Registre, p. 196.
(3) Arch. de l’Etat à Mons. Greffe féodal. Cartulaire des fiefs tenus de comté de Hainaut. 2e Registre, p. 65.
(4) Id., ibid., Premier Registre, p. 60-61.
(5) Catherine de Neufville, qui était fille de Robert d’Ocoche, dit de Neufville, seigneur de Neufville, chevalier, et de Catherine de Fosseux, convola avec Jehan de Lannoy, chevalier, seigneur de Mingoval.
(6) Le Père Anselme. Histoire de la Maison Royale de France, etc., t. I, p. 362.

 

XIIbis. Michel DE LE HAMAIDE, écuyer, seigneur de Rumigny en Hainaut, de Hussignies, de Vy (ou Vicq), et puis après la mort de son frère, de La Hamaide, Rebaix, Renaix, Ellezelles, Wodecq, etc., est ainsi mentionné dans le Cartulaire des fiefs tenus du comté de Hainaut en 1473.

Michel, fils de feu Arnoul de Le Hamaide, avoue tenir en fief du duc de Bourgogne comme comte de Hainaut, sous la prévôté de Mons, sa seigneurie de Rumigny de laquelle sont tenus des fiefs par Messsire Jehan de Havrech, dit de le Motte, chr ; Jacques de Havrech ; dit de le Motte, écuyer, et Messire Jehan de Quiévrain (1). Ce fut en 1485 que Michel mourut sans postérité. Les généalogistes lui ont donné pour femme, l'épouse de son frère, Amould VI. Cette erreur, provient de l'annotation suivante :

1473. Michel de Le Hamaide, écuyer, tenait la terre de Vy de la Seigneurie de Frasne près Condé, que Delle Jehanne de Lille, fille de feu Messire Jacques de Lille, chevalier, avoue tenir du duc de Bourgogne sous la prévôté de Valenciennes. Dans cela, Jehanne de Lille, qui n'était pas encore mariée, est la suzereine et non la femme de Michel (2).

XIIter. Isabelle DE LE HAMAIDEdernière survivante de la postérité légitime d'Arnould, cinquième du prénom, ne fut pas la seule héritière des immenses domaines de la maison de La Hamaide. Son frère Michel  eut  pour hoir féodal à La Hamaide et à Rebaix, Madame Marie de Berlaimont, dite de Ville, douairière de Luxembourg-Fiennes,  dame qui fut l’une des aïeules du célèbre Lamorald, comte d'Egmont prince de Gavre. Isabelle fut dame de Condet (en partie), de Renaix, de Hion, deWodecq, d'Ellezelles, et Flobecq, etc. Elle épousa avant 1484, Johann graf Von ŒTTINGENseigneur de Flobecq chevalier, troisième fils de Wilhelm, graf ou comte d'Œttingen  et de l'Empire allemand, mort en 1467, et de la comtesse Béatrix, née von der Leiter (soit della Scala) morte en 1466 (3). D'après l'histoire généalogique des comptes d'Œttingen de Strelin, Elisabeth, comtesse de Condé en Hainaut, mourut en 1520, et d'après le Dictionnaire dit de Moréri, article Œttingen, la femme du comte Jean était dame de Goude en Hainaut.

Voici ce que nous en savons :

Par acte passé à Mons, le 19 septembre 1485, Isabeau de La Hamaide, femme de Jean d'Œttinghen, seigneur de Flobecq, abandonna l'usufruit de Hyon à sa belle-mère, Jehanne de Lille, dame de Frasne sur l'Escaut, veuve d'Arnould de La Hamaide (4). En 1516, elle était dame d'honneur de la reine Jeanne de Castille, mère de l'archiduc Charles, depuis l'empereur Charles V (5). Elle mourut le 24 avril 1526, veuve depuis 1520, selon des généalogistes, et depuis le 15 avril 1514 selon une épitaphe (6).

Ses enfants furent :

1° JEHAN, comte d'Œttingen, mort jeune ;

MARIE-JACQUELINE, comtesse d'Œttingen, se fit religieuse dans un cloître à Gand ;

ÉLISABETH, comtesse d'ŒTTINGEN, qui suit XIII.

XIII. Elisabeth, comtesse d'Œttingen et du Saint Empire allemand, épousa en 1505, Wilhelm, libre seigneur (Freiherr) de Roggendorff et de Wollendorff, général au service impérial allemand et chambellan de Philippe-le-Beau, archiduc d'Autriche, duc de Bourgogne, etc., roi-consort de Castille et de Léon (7). Leur fils suit, XIV

<