Cette vaste opération de contrôle fiscal est réalisée à l’instigation du
marquis de Berghes, gouverneur du Hainaut, qui la lance en 1560.
Dans le rapport rédigé par les commis rapporteurs au début et en fin
d’inventaire de la liste des feux de chaque village, nous lisons, pour
La Hamaide :
Hamaide – châtellenie d’Ath :
Conclusions :
- le
vieux rapport monte 97 feuz
- le
nouveau rapport ne monte que 78 feuz
- le
rapport de visite donne 60 feuz plus pauvres vesves et aussi manouvriers
insuffisants, 19 plus 9 maisons vides.
Lieux-dits cités : le hameau de ronsart,
winage du bois, hameau de rove, cauchie, a le place, cainmont.
Le
hameau de rove
correspont-il à l’actuel Rome ? Où était situé le
cainmont ?
Par contre pas de problèmes pour le Ronsart, le Bois,
la Cauchie (chaussée Brunehault) et la
Place.
Vis-à-vis du vieux rapport, sans doute celui de 1540-41, le nombre de
feux a diminué et la situation n’est guère brillante.
Selon le professeur A. Arnoult, il faut compter 4,5 personnes par feu,
soit 351 habitants, seigneurs et religieux exclus.
Les pauvres représentent 25 % de la population ! Il s’agit de veuves,
seules ou avec des enfants en bas âge donc sans ressources et
d’ouvriers. Des ouvriers sans emplois traduisent une situation
économique précaire. C’est d’ailleurs la mauvaise rentrée fiscale qui
incite l’autorité à instruire le dénombrement et son contrôle.
Le
dénombrement proprement dit nous informe du nom et de la profession des
chefs de famille des manants. Il permet donc de brosser un tableau de la
structure sociale du village.
Laboureurs :
Antoine Bonpesent, Maurice Buisson et Pierre Pottier ;
Tenants labeur (laboureurs) :
Nicolas Coupée, Jean Degavre, Jean Degand, Jean Delevigne (la veuve),
Philippe Delevoye, Etienne Dubreucq, Jean Gharin, Rolland Jouret,
Georges Lebliecke, Andrien Lejehansart, Jean Lelene, François
Lemosnier,, Arnold Lepoyvre, Jean Wifuekin ;
Hoste (colon de terres défrichées) :
Jean Denyulant, Jean Philipperon ;
Brasseur et tenant labeur
: Arnold Debuillemont ;
Meunier : Andrien
Philippe ;
Telliers (tisserands) :
Jean Carlier, Jean Docquelot ;
Boulanger : Pierre
Bausier ;
Savetier : ?
Clerbois ;
Revendeurs de cervoise :
Jean Denis (la veuve), Collart Lemosnier (la veuve) ;
Greffier : Antoine
Leplat ;
Veuves : Nicolas
Croiseau, Quintin Dubois, Légier Croiseau, Andrien Huet, Collart
Lepoivre ;
Manouvriers :
Andrien Cantraine, Jean Debondroit, Jean Debrunehain, Jean Derosne, Jean
Desorle, Xtophe Detenre, Bonaventure Gerlus, Jean Hennebault, François
Hourier, Gille Huet, Xtophe Huet, Jean Jouret, Gregoire Jouret, Martin
Lemosnier, Philippe Liépin, Julien Lombart, Ghislain Lombart, Jean
Longbaton, Mahieu Longbaton, Jean Ricquart, Jacques Rolier, Quintin
Rolier ;
Sans indication :
Guillaume Bourlet, Samson Delehanmotte, Michel Lepoivre.

On
remarque directement l’omniprésence du travail de la terre. La
quasi-totalité de la population lui est directement liée. Il est
difficile de se faire une idée des exploitations de l’époque. D’autant
qu’aux trois laboureurs
il faut ajouter des tenants labeur dont
l’exploitation devait être importante. C’est le cas certainement pour
Arnold Debuillemont,
dont la cense est reprise sur toutes les cartes jusqu’à la fin du 18e
siècle.
Le
réservoir ouvrier est important. L’agriculture, où le cheptel est
limité, est fondée sur les cultures céréalières et le lin qui
nécessitent une main d’œuvre abondante.
Rarissimes sont les professions sans rapport direct avec le sol.
L’absence de certains artisanats, comme la maréchalerie, le couvreur …,
peut peut-être s’expliquer par la configuration du village. Certains
hameaux, comme Scaubecq ou Cornet, sont à cheval sur deux villages. A
moins que des activités soient reprises au château et échappent ainsi à
l’enquête qui ne concerne que les manants. C’est le cas pour la
brasserie que l’abbé Meunier situe au château, avant son transfert à
Pucemaigne.
On
retrouve d’ailleurs la deuxième brasserie du village qu’il situait,
jusqu’en 1640, à la ferme de Billemont, aujourd’hui disparue.

Il
est important de souligner que l’on accorde à la femme le rôle de chef
de famille qu’au travers du nom de son époux. Les veuves représentent
13% des chefs de ménages. Il est vrai que l’espérance de vie de l’époque
est modeste.
b sources
a